Mayotte : Une mystérieuse onde sismique a récemment secoué la Terre et les scientifiques ne peuvent pas l’expliquer


Les scientifiques sont incapables d’expliquer un étrange événement sismique qui a secoué la planète le 11 novembre 2018 et qui a été détecté par des capteurs sismiques installés dans le monde entier. Bien que la cause de cette mystérieuse perturbation demeure inconnue, elle est en quelque sorte liée à un essaim de séismes en cours sur l’archipel de dans l’ depuis plusieurs mois, mais on ne sait pas exactement ce que signifient ces tremblements inhabituels.

Je ne pense pas avoir rien vu de tel, a confié Göran Ekström, sismologue de l’université de Columbia au National Geographic à propos de l’anomalie du 11 novembre. Presque six mois avant que cet étrange signal ne soit émis, les sismologues ont été surpris par un autre type d’activité sismique anormale dans le même voisinage: un essaim de centaines de petits tremblements de terre qui ont été émis à environ 50 kilomètres de la côte Est de Mayotte.

Le réseau d’îles et d’îlots, situé à peu près à mi-chemin entre l’Afrique et , est régi par la France, mais est également revendiqué par la nation insulaire des Comores. Le matin du 10 mai 2018, cette région a été secouée par un qui s’est produit sans prévenir et qui a été suivi d’une série de centaines de tremblements.

L'essaim de séismes à coté de Mayotte - Crédit : BRGM

L’essaim de séismes à coté de Mayotte – Crédit : BRGM

Le plus dramatique d’entre eux, un événement de magnitude 5,8 le 15 mai 2018, était le plus grand séisme jamais enregistré dans le bassin des Comores et, bien que l’intensité de l’essaim ait généralement diminué depuis, une résurgence de magnitude 5,1 cette semaine nous rappelle subtilement que cette turbulence terrestre n’est pas terminée. Même si un essaim de séismes peut sembler alarmant, ils ne sont pas nécessairement dangereux.

Dans ce cas, une analyse préliminaire des chercheurs de l’École normale supérieure de Paris suggèrent que les tremblements de terre ne peuvent pas être expliqués par le seul mouvement tectonique, ce qui signifie que l’activité volcanique dans la région doit également être impliquée. Ce qui nous amène au 11 novembre 2018.

Il y a moins de trois semaines, avec l’essaim en cours, mais pendant une journée où on n’avait détecté aucun tremblement de terre, les scientifiques ont enregistré autre chose : une vibration étrange, longue et plate qui bourdonnait de façon constante, sans les fluctuations hérissées caractéristiques d’un tremblement de terre habituel. A la place, ce signal très basse fréquence atypique, pour reprendre les propos du Bureau de Recherches Géologiques (BRGM), s’est répété en une onde toutes les 17 secondes environ, pour un total de 20 minutes.

Il y a beaucoup de choses que nous ignorons, a déclaré Nicolas Taillefer, responsable de l’unité des risques sismiques et volcaniques au BRGM à National Geographic. C’est quelque chose d’assez nouveau dans les signaux de nos stations. Ce qui ne veut pas dire que l’équipe n’a pas d’hypothèse. Avec ce que nous soupçonnons déjà de l’essaim sismique, la meilleure hypothèse des chercheurs est que les vibrations anormales sont également liées à l’activité volcanique, peut-être en raison d’un énorme mouvement de magma sous l’océan Indien. Si tel est le cas, cela pourrait aussi expliquer autre chose : Mayotte n’est plus stationnaire.

Les relevés GPS indiquent que depuis juillet 2018, après le début de l’essaim, Mayotte s’est déplacée d’environ 60 mm à l’est et 30 mm au sud. Selon une analyse, ce mouvement pourrait être dû au vidage d’un réservoir de magma à proximité, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour le vérifier. Si l’hypothèse s’avère correcte, personne ne peut dire avec certitude ce qui pourrait se passer, mais la modélisation indique que Mayotte pourrait continuer à bouger aussi longtemps que l’essaim persistera. Pour ce qui est de savoir si nous retrouverons le mystérieux signal, personne ne le sait.

Ces observations confortent donc l’hypothèse d’une combinaison d’effets tectoniques et volcaniques expliquant un phénomène géologique impliquant une séquence sismique et un phénomène volcanique selon le BRGM. Cette hypothèse devra être confirmée par de futures études scientifiques.

Traduction d’un article par Peter Dockrill sur ScienceAlert

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Jaqueline Charpentier

Jacqueline Charpentier, rédactrice dans la vulgarisation scientifique depuis 2015. Ayant fait un cursus en chimie, mais je me suis tourné vers la connaissance scientifique. Co-Rédactrice en chef du site Actualité Houssenia Writing, site d'actualité scientifique.

Je suis correctrice, relectrice et traductrice sur certains articles de ce blog.

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