Les insectes peuvent créer des biosignatures topographiques visibles de l’espace.


Une image couvrant près de 2 km de distance. Les nids de termites sont les minuscules taches dispersées dans le paysage - Crédit : Google Earth, SIO de données, NOAA, US Navy, NGA, GEBCO, IBCAO Landsat et Copernicus US Geological Survey.
Une image couvrant près de 2 km de distance. Les monticules de termites sont les minuscules taches dispersées dans le paysage - Crédit : Google Earth, SIO de données, NOAA, US Navy, NGA, GEBCO, IBCAO Landsat et Copernicus US Geological Survey.

La vie fait toutes sortes de choses sur une planète. Les organismes utilisent un monde comme la comme leur poubelle personnelle. Ils rejettent toutes sortes de substances nocives au nom du . Un bon exemple est l’oxygène. Les premières bactéries photosynthétiques ont commencé à libérer de l’oxygène moléculaire dans l’atmosphère, il y a peut-être 3,5 milliards d’années, voire plus tôt.

Cet oxygène était toxique pour de nombreuses espèces, mais avec le temps, nous le savons bien, la a réussi à trouver des variantes qui étaient non seulement heureuses d’être baignées dans de l’oxygène, mais pouvaient aussi le respirer et ainsi sauter dans un train métabolique express.

Aujourd’hui, nous considérons l’oxygène dans une atmosphère planétaire comme une biosignature planétaire possible (bien qu’imparfaite). D’autres composés pourraient également révéler la présence de la vie dans un monde lointain; des gaz atmosphériques comme le méthane ou l’oxyde nitreux. Mais la vie ne se limite pas à la chimie planétaire, elle modifie également l’aspect de la planète. Généralement, ce genre d’influence est subtile. En 2006, les scientifiques William Dietrich et Taylor Perron ont publié un papier extrêmement intéressant dans Nature intitulé La recherche d’une signature topographique de la vie.

Ils ont notamment souligné que si l’influence biotique sur des phénomènes tels que l’altération des roches, la dynamique des rivières et l’érosion des sols est assez profonde à court terme, en déduisant que la vie, qui est cachée derrière ces transformations, (sur Terre, sur Mars ou au-delà) est vraiment subtil. Et c’est ce qui rend une nouvelle découverte sur des structures construites par les termites dans le nord-est du Brésil d’autant plus intrigante. Dans la revue Current Biology, Stephen Martin et ses collègues ont publié un papier sur Un vaste modèle spatial de monticules de termites vieux de 4 000 ans.

Une image couvrant près de 2 km de distance. Les nids de termites sont les minuscules taches dispersées dans le paysage - Crédit : Google Earth, SIO de données, NOAA, US Navy, NGA, GEBCO, IBCAO Landsat et Copernicus US Geological Survey.

Une image couvrant près de 2 km de distance. Les monticules de termites sont les minuscules taches dispersées dans le paysage – Crédit : Google Earth, SIO de données, NOAA, US Navy, NGA, GEBCO, IBCAO Landsat et Copernicus US Geological Survey.

Ce sont des structures impressionnantes. Chaque monticule conique mesure en moyenne 2,5 mètres de haut et environ 9 mètres de large. Ce ne sont pas des nids, mais plutôt des décharges de sol provenant d’un vaste réseau de tunnels constitué par les termites, des tunnels actuellement occupés par une seule espèce. Il existe actuellement environ 200 millions de ces monticules, assez régulièrement espacés et couvrant une superficie de la taille de la Grande-Bretagne.

Comme le rapportent les chercheurs, les termites ont construit cette énorme étendue sur des milliers d’années et elles ont ainsi creusé et façonné 10 kilomètres cubes de sol. La régularité de l’espacement est probablement une caractéristique émergente en raison de la nature de la connectivité sous-jacente du tunnel et de la disponibilité de nourriture pour les plantes.

Cette caractéristique topographique est en effet très facilement visible de l’espace, comme le montre une image prise directement à partir de Google Earth. C’est un exemple remarquable de l’empreinte physique de la vie sur une planète, non pas par de grands animaux, ni même par la technologie humaine, mais par des milliards d’organismes minuscules qui s’occupent de leurs affaires siècle après siècle. Sans le savoir (ni même être capable de le savoir), ces termites, occupés à creuser leur trou pendant des milliers d’années, sont désormais visibles sur un examen cosmique. C’est tout sauf un petit exploit.

Traduction d’un article sur Scientific American par Caleb a Scharf.

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Jaqueline Charpentier

Jacqueline Charpentier, rédactrice dans la vulgarisation scientifique depuis 2015. Ayant fait un cursus en chimie, mais je me suis tourné vers la connaissance scientifique. Co-Rédactrice en chef du site Actualité Houssenia Writing, site d'actualité scientifique.

Je suis correctrice, relectrice et traductrice sur certains articles de ce blog.

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