La voie de biosynthèse d’une nouvelle nucléobase d’ADN élucidée —

  • FrançaisFrançais



  • L’ADN est composé de bases nucléiques représentées par les lettres A, T, G et C. Elles constituent la base du code génétique et sont présentes chez tous les êtres vivants. Mais dans un bactériophage, une autre base, représentée par la lettre Z, existe. Cette exception, la seule observée à ce jour, est longtemps restée un mystère. Des scientifiques de l’Institut Pasteur et du CNRS, en collaboration avec le CEA, viennent d’élucider la voie de biosynthèse de cette base. Ce travail a été publié dans le numéro du 30 avril 2021 de La science.

    L’ADN, ou acide désoxyribonucléique, est une molécule qui sert de support pour stocker l’information génétique dans tous les organismes vivants. Il s’agit d’une double hélice caractérisée par une alternance de nucléobases puriques (adénine et guanine) et pyrimidiques (cytidine et désoxycytidine). Les bases de chaque brin d’ADN sont situées au centre de l’hélice et sont liées entre elles, reliant ainsi les deux brins d’ADN : l’adénine forme deux liaisons hydrogène avec la thymine (AT) et la guanine forme trois liaisons hydrogène avec la cytosine (GC). Ceci s’applique à tous les êtres vivants, à une exception près.

    Le cyanophage S-2L, une exception à la génétique conventionnelle

    Le cyanophage S-2L est un bactériophage, c’est-à-dire un virus qui infecte les bactéries. Dans ce phage, l’adénine est complètement remplacée par une autre base, la 2-aminoadénine (représentée par la lettre Z). Ce dernier forme trois liaisons hydrogène avec la thymine (ZT), au lieu des deux liaisons habituelles entre l’adénine et la thymine. Ce nombre plus élevé de liaisons augmente la stabilité de l’ADN à haute température et modifie sa conformation, ce qui signifie que l’ADN est moins bien reconnu par les protéines et les petites molécules

    La voie de biosynthèse de la 2-aminoadénine élucidée

    Depuis sa découverte en 1977, le cyanophage S-2L est la seule exception connue et la voie de biosynthèse de la 2-aminoadénine est restée inconnue. Des scientifiques de l’Institut Pasteur et du CNRS, en collaboration avec le CEA, ont récemment élucidé cette voie de biosynthèse et démontré ses origines enzymatiques. Ils y sont parvenus en identifiant un homologue de l’enzyme connue succinoadénylate synthase (PurA) dans le génome du cyanophage S-2L. Une analyse phylogénétique de cette famille d’enzymes a révélé un lien entre l’homologue, connu sous le nom de PurZ, et l’enzyme PurA chez les archées. Cela indique que l’homologue est une enzyme ancienne qui a probablement conféré un avantage évolutif. La recherche a été réalisée à l’aide de la plateforme de cristallographie de l’Institut Pasteur.

    La nouvelle paire de bases ZT et la découverte de la voie de biosynthèse montrent que de nouvelles bases peuvent être incorporées par voie enzymatique dans le matériel génétique. Cela augmente le nombre de bases codantes dans l’ADN, ouvrant la voie au développement de biopolymères génétiques synthétiques.

    Source de l’histoire :

    Matériaux fourni par Institut Pasteur. Remarque : Le contenu peut être modifié pour le style et la longueur.

    N'oubliez pas de voter pour cet article !
    1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (No Ratings Yet)
    Loading...

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.