Thomas Cyrix ou l’ère de l’ouest sauvage sur internet

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  • Comme de nombreux dramas, l’affaire de Thomas Cyrix et du cas VoxMakers montre le gros problème du travail sur le web.


    Comme de nombreux dramas, l'affaire de Thomas Cyrix et du cas VoxMakers montre le gros problème du travail sur le web.

    Thomas Cyrix est un arroseur bien arrosé. On dit qu’on n’aime pas les dramas, mais on attend toujours le prochain qui va satisfaire notre penchant pour le voyeurisme et la morbidité. Et quand vous avez une vidéo de drama qui dure 2 heures, alors vous achetez quelques boites de Pringles pour vous mettre à l’aise. Je ne connaissais pas la chaine de VoxMakers, un groupe de créateurs de contenu qui avait lancé une chaine collaboratif sur des sujets variés. En fait, je voyais leurs vidéos dans mes recommandations quand elle était active, mais cela semblait beaucoup surfer sur le Buzz et le pute à clic. Donc, j’ai zappé.

    Thomas Cyrix en mode Cahuzac

    Désormais, des anciens de VoxMakers ont publié une vidéo, délistée, mais toujours accessible, où ils racontent l’envers du décor. Et ce n’est pas fameux. La cible est Thomas Cyrix qui était le chef de VoxMakers et qui a lancé sa propre chaine où il dénonce les escrocs. Oui, on peut dire que Thomas Cyrix est le Cahuzac de Youtube. Il doit lutter contre les escrocs, mais il en est lui-même très proche.

    La vidéo raconte une ambiance toxique dans l’environnement de travail. Un environnement où le stress est permanent, du harcèlement psychologique, mais aussi beaucoup de techniques de manipulation avec l’appel aux sentiments, la technique du faux ami pour la vie, etc. Le fait que Thomas Cyrix sorte d’une école de commerce n’arrange rien à l’affaire puisque ce sont des endroits où vous pouvez apprendre tous les trucs de bonimenteurs.

    De nombreux affaires similaires sur le web

    Chaque camp se guerroie et Thomas Cyrix a publié un droit de réponse. Et par la suite, il a réglé une partie de ses litiges avec les anciens VoxMakers. Oui, parce que le mec avait gardé le contrôle de toutes les vidéos de l’ancienne chaine et qu’il avait bloqué l’accès aux autres membres. De plus, VoxMakers était aussi une entreprise et il avait également tout gardé.

    Thomas Cyrix - Comme de nombreux dramas, l'affaire de Thomas Cyrix et du cas VoxMakers montre le gros problème du travail sur le web.

    Ce qui m’a surpris dans l’affaire de Thomas Cyrix est son air de déjà vu. On a vu de nombreux cas de ce genre où une personne avait exploité outrancièrement d’autres personnes qui se faisaient avoir. En fait, dans la plupart des chaines collaboratives, on a vu ce problème. Et la loi n’a rien fait pour l’en empêcher. Au delà du cas Thomas Cyrix, ce qu’il faut vraiment admettre est que peut-être internet est l’endroit de la liberté absolue, mais surtout, c’est la liberté de faire de la merde. Quand t’entends que les mecs travaillent 50 heures par semaine et qu’ils ne sont payé que 9 et qu’ils gagnent 190 euros à la fin du mois, tu te dis c’est un salaire équivalent à ce que je gagne par mois, à Madagascar.

    Le cas désespéré du travailleur en ligne

    Le statut du travailleur sur le web est très compliqué. C’est tellement modulaire et les personnes sont dans des canaux de discussion et de cercles tellement différents qu’il est impossible de tout légiférer. Mais il faudra passer par une loi spécifique. Car ce n’est pas la faute de Youtube ou des GAFAMs qui n’ont rien à voir la dedans, mais bien de l’internet sans frontière. Même si les anciens de VoxMakers avaient des contrats et même des CDI, le contenu leur était bien dommageable.

    L’autre envers du décor est tout aussi merdique. Après la vidéo de dénonciation qui a déjà dépassé les 500 000 vues, comment vous dire que notre cher Thomas Cyrix s’est pris une attaque massive et systématique sur les réseaux sociaux. On dirait l’ouest sauvage numérique où on répare une injustice par des milliers d’autres injustices. Frapper le plus fort sans aucune tempérance ou modération. Je pense que l’intervention de l’Etat aurait été beaucoup plus efficace et discrète.

    Il y a quelques années, certains Etats américains ont imaginé un statut juridique spécifiquement pour le travail en ligne. Le travailleur sur internet avec des protections basiques contre le harcèlement, l’exploitation clandestine et autres joyeusetés et en échange, le travailleur payait un impot pour cette protection. Cela n’a pas abouti parce que c’était d’une complexité inouie. Mais il faudra en passer par là sinon il y aura bien d’autres Thomas Cyrix qui sauront exploiter le filon du travail gratuit pour un max de pognon en ne rendant compte à personne.

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