Mon meilleur ami est mort du Covid-19

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  • Mais je vais vous prouver que ce n’est pas le Covid-19 qui l’a tué.


    Chacun possède un meilleur ami et si vous n’en avez pas un, alors votre vie est fondamentalement incomplète. Le meilleur ami est celui à qui vous téléphonez quand vous avez tué quelqu’un et qu’il vous répond : “Où est le corps ?”. Cet ami, qu’on va appeler Aristide, je l’ai perdu de vu depuis plus de 20 ans.

    On était voisin lorsqu’on était enfants. C’est le premier que j’ai connu, on est allé à l’école ensemble, on a joué ensemble. C’est le premier qui aura une Super NES. On a tout à fait ensemble jusqu’à l’âge de 17 ans. Je me souviendrais toujours d’un jour où on était en retard à l’école. La rentrée était à 14 heures et on est sorti de chez nous à 13h45.

    On a fait les quelques 5 km en courant, la canicule frappait fort, le ciel éclatait de bleu. Et à la fin, on arrive juste à la porte de l’école, je suis arrivé le premier, les vêtements en sueur, à bout de souffle, des points de coté de partout et lui me suivait derrière, me disant : “Un jour, je te dépasserais”.

    Le 10 avril 2021, il m’a dépassé pour aller dans les plaines verdoyantes du nouveau monde. Après notre scolarité, je suis resté au bled et lui est parti en France. Il deviendra ingénieur, mais il quittera la France pour aller dans un autre pays, chercher du boulot. Il se mariera et on peut dire qu’il aura réussi sa vie.

    Après son départ, on ne s’est jamais vraiment parlé, on ne s’envoyait pas de messages, c’est normal, il avait changé de rue. Mais je me souviens toujours de lui et c’était réciproque. Le 10 avril au soir, je reçois un message sur WhatsApp, de quelqu’un qui se présente comme sa femme et qui me dit qu’il est mort à l’hopital du Covid-19.

    Elle me dit que quelques heures avant sa mort, alors qu’il était conscient, il lui avait dit que s’il y passait, c’est moi qu’elle devait contacter en premier pour m’annoncer sa mort, avant ses parents, ses frères ou tout autre personne. Je n’ai pas été surpris, les meilleurs amis le savent.

    Il a été testé positif au covid à mi-mars. Les symptomes se sont aggravés, il a été hospitalisé. Ce n’était pas vraiment une lumière, mais plutôt un bosseur. Pour savoir quelque chose, il y passait jour et nuit jusqu’à ce que ça rentre dans le crane. Tout le contraire de moi. Pendant des années, il pensait que l’accouchement se faisait par la bouche.

    On avait beau lui dire qu’il était complètement con, il n’en démordait pas. Comme moi, il s’était documenté sur le covid. A l’hopital, il a demandé à ce qu’on le traite avec l’artémisine, les blouses blanches ont refusé, il a demandé à ce qu’on le traite avec de la chloroquine, les blouses blanches ont refusé en éclatant de rire, il a demandé à ce qu’on le traite avec l’ivermectine, les blouses blanches ont refusé en ajoutant que s’il se croyait si malin, il n’avait qu’à se soigner tout seul.

    Sa femme me dit que c’était son objectif. Ils avaient un plan pour le sortir en douce de l’hopital en payant quelques aides-soignants. Mais c’était trop tard, le virus a disparu de son organisme et la réaction immunitaire a pris le pas. Il est mort en réanimation. J’ai présenté mes condoléances à sa femme et j’ai raccroché.

    Après la mort de ma mère en 2019, j’ai fait de l’acceptation de la mort comme une priorité avec d’autres amis comme Marc-Aurèle et Sénèque. Mais c’est toujours aussi difficile. Ce n’est pas le covid qui l’a tué, mais les blouses blanches, dans leur stupidité, dans leur orgueil et dans leur mépris de la vie humaine.

    Au revoir et attend-moi pour qu’on fasse de nouveau la course dans un après-midi ensoleillé, à bout de souffle et riant aux éclats, en voyant toute la vie éternelle devant nous.

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