Avis sur le livre “Chez Trump” par Alexandre Mendel


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  • Le livre Chez Trump par Alexandre Mendel est une plongée dans l’Amérique profonde, celle de Trump et une description bien éloignée de ce qu’on nous raconte sur le rêve américain.


    Le livre Chez Trump par Alexandre Mendel est une plongée dans l'Amérique profonde, celle de Trump et une description bien éloignée de ce qu'on nous raconte sur le rêve américain.

    Il y a des livres qu’on a dû mal à lire jusqu’au bout, ils sont pénibles, rébarbatifs et parfois répétifs. Comme celui de Zemmour ou de Mamou. D’autres sont comme de l’eau fraiche après une journée au Sahara et celui de Berger et Chez Trump d’Alexandre Mendel possèdent aussi ce potentiel de désaltération.

    Alexandre Mendel est écrivain et journaliste de droite et en 2019/2020, il va quasiment passer un an en Amérique pour suivre la campagne électorale, mais aussi l’avant et après du covid-19. Le livre essaye de résumer ce pays en 300 pages ce qui est une prouesse. Evidemment, il faut choisir et parfois, on a des biais qui saute aux yeux. Beaucoup dans le monde, idéalisent l’Amérique comme le pays de la réussite et de la corne d’abondance.

    Dès les premières pages, vous déchanterez assez vide. D’autres considèrent l’Amérique comme le trou du cul du monde et honnêtement, ils n’auront pas tort sur ce point. Pour le rêveur de l’Amérique, ce livre est un coup de poing dans la gueule. Mendel va tenter de synthétiser l’essence même de l’américain et c’est très difficile, car il y en a autant que d’Etat, d’éthnies et de corps électoraux.

    Au début de livre, on pense que la victoire de Trump est acquise. L’économie fonctionne à plein régime, on est quasiment en plein emploi, avec des salaires mirobolants. Le rapport de force entre l’employeur et l’ouvrier est en faveur de ce dernier, ce qui est une hérésie en Amérique, mais c’est celle de Trump. Ensuite, le Covid arrive et Trump va perdre ses quatre années de réussite en quelques mois.

    Mendel parle de l’Amérique des paumés, des prolos, de ceux qui végètent dans des motels à longueur de journée, vivant sur les coupons alimentaires. Et dans les motels les plus miteux, il n’est pas rare de voir une trace de merde au plafond ou sur un mur et malgré l’excellence du livre de bout en bout, il y a une tâche de merde sur quelques pages. Pendant quelques passages au début de la crise du covid, Mendel va se lâcher sur Raoult et son traitement “qui ne marche pas”. Je ne comprend pas.

    Qu’est-ce que Raoult vient foutre dans un livre de l’Amérique profonde ? Mendel fait des raccourcis avec des attaques gratuites sur Raoult sur le fait que personne ne le connait aux Etats-Unis. Qui connaissait Panoramix en France avant février 2020. Est-ce que les français connaissent le plus grand physicien de France, le plus grand archéologue de France, le champion de la chirurgie cardiaque ? Fondamentalement, est-ce que les français connaissent la moindre chose sur l’élite scientifique française ? C’est un argument de merde. Trump n’a pas recommandé la chloroquine parce qu’il regardait les vidéos de l’IHU, faut pas déconner. Il l’a fait parce qu’il regardait ce que les asiatiques faisaient. La chlochlo n’est pas une ostie du Saint Esprit. Il faut la prendre à un certain moment, avec une certaine dose pendant une certaine période sous surveillance médicale.

    Bizarre cet espèce de rage contre Raoult où on lit même le terme “d’adeptes sectaires” dans le livre. Sur les masques et le confinement, on sait aujourd’hui que cela ne marche pas. Et les solutions de Trump n’ont pas marché à cause du système de santé complètement à la ramasse de l’Amérique. Entièrement privatisé, fractionné sous une tonne de bureaucratie et coutant la peau des fesses. Et comme chaque Etat, compté et ville peuvent avoir leurs propres politiques sanitaires, ce qui a marché en Inde ou en Chine ne peut pas marcher Chez Trump. De plus, les pays occidentaux qui ont fait l’opposé de Trump, masque, confinement et ban des traitement ne s’en sont pas mieux sortis…

    A part ce petit aparthé qui montre la haine anti-raoult chez certains et l’obsession de le voir échouer alors qu’il a raison sur tout 1 an avant tout le monde, on peut retourner dans le bouquin. Mendel montre une Amérique qui est incompréhensible pour quelqu’un “d’ailleurs”. Le système électoral est du foutage de gueule, le découpage de la population est une blague et la paupérisation des habitants est du délire pur et simple. Vous avez des gens qui meurent de famine et qui s’autodidacte à être médecin, pour éviter d’aller chez un vrai à cause du prix. Et vous avez d’autres qui habitent dans des villas luxueuses et qui détestent Trump parce que c’est un monstrrre.

    Le livre Chez Trump par Alexandre Mendel est une plongée dans l'Amérique profonde, celle de Trump et une description bien éloignée de ce qu'on nous raconte sur le rêve américain.

    La fracture de l’Amérique n’est pas uniquement entre les Démocrates et les Républicains. C’est une nation du chacun pour soi à la bonne sauce protestante et la solidarité est communautariste. Mendel couvre également toute l’affaire de George Floyd et de ce que ça a déchainé aux Etats-Unis. D’une part, la police qui est de plus en plus délaissée par les pouvoirs des villes, notamment les Sanctuary Town où des milliers de migrants peuvent venir sans contrainte et de l’autre, une criminalité rampante à cause de la pauvreté extrême.

    La mort de Floyd n’est pas raciste, c’est juste un fait divers qui a été gonflé à l’extrême par la gauche et les BLM qui sont devenu une véritable plaie. Mendel montre aussi l’aspect lisse et rapace du système de santé. Il tombe gravement malade et il va dans une clinique de luxe qui le bichonne comme pas possible, mais la facture à la fin est de 32000 dollars. Déjà, faudrait pouvoir les payer ce qui n’est pas le cas de la majorité des américains qui n’ont même pas 400 dollars d’économie en cas de coup dur. Mendel considère que la santé en France est gratuite et que c’est une mauvaise chose, car les gens peuvent accéder aux meilleurs soins parce qu’ils pensent que cela ne coute rien. C’est une erreur de logique fondamentale.

    Le fait de cacher les couts des soins en France est voulu, car si vous commencez à mettre le prix sur chaque chose. Cela signifie qu’aucun infirmier ou médecin n’osera vous secourir ou vous consulter, même si vous faites un AVC à quelques mètres de l’hosto, car il pensera d’abord si vous avez les moyens de payer. Le Covid n’a jamais été une maladie grave, mais le système de santé incarne le système immunitaire d’un pays. Si des parties de ce système sont vérolés ou sur les genoux, alors la moindre petite grippe peut l’achever et c’est ce qui s’est passé avec l’Amérique.

    Selon Mendel, le Covid a également fait comprendre que l’Amérique n’est qu’un pays comme un autre, qu’il n’est pas invincible, contrairement aux chants de “destinée manifeste” entonnés à tue-tête par les républicains comme les démocrates. L’anti-trumpisme créé des divisions béantes, mais ce n’est pas parce que Trump est un raciste, qu’il baise des actrices porn, etc. Non et ce n’est pas dans le livre, mais on le ressent. Trump en arrivant au pouvoir, a extirpé le White Trash de son marécage où l’avaient laissé les Démocrates et les républicains et l’a montré au monde entier. Près de 100 millions de personnes qui jurent, qui crachent, qui pètent, les prolos dans toute leur splendeur, une inculture proche du néant et ils ont voté pour Trump parce qu’ils leur parlent comme à un ami dans un bar entre deux hoquets de poivrots.

    Cela a rendu fou les démocrates et les progressistes, car pendant des décennies, ils avaient soigneusement construit une image de l’Amérique idéale par les pétasses siliconées d’Hollywood et le rêve américain où tout le monde pouvait devenir riche. Cette image a volé en éclat et le monde a vu l’Amérique telle qu’elle était. Une bande de bouseux qui n’ont aucune réalité du monde qui les entourent et qui change à toute vitesse. Ce sont des gens qui veulent travailler, rester tranquilles, mais qui veulent aussi imposer leur destinée à la planète.

    Le livre Chez Trump est une plongée absolue dans l’Amérique authentique. C’est le seul ouvrage en français qui montre toute la complexité de l’Amérique. En 2017, The Intercept, pourtant réputé gauchiste, avait aussi publié un long dossier intitulé Hard Times in Trump Country par un journaliste qui avait passé un an dans les Apalaches. Il avait aussi cette saveur unique d’authenticité qu’on peut gouter en lisant Chez Trump.

    Le livre se termine en aout 2020 à quelques mois de l’élection présidentielle. Les sondages sont défavorables au “Canard”, mais on peut juste imaginer le degré de violence et de cristallisation dans une Amérique post-élection où la moitié de la population pense qu’on a truqué les résultats. Mendel parle aussi de la monté des sites complotistes comme Infowars d’Alex Jones. En tant que bon journaliste, il défend sa paroisse de la presse mainstream, mais il est aussi lucide sur le fait que les médias alternatifs ont émergé par la faillite du journaliste et par le tapinage systématique des prostituées à plume en face de l’oligarchie.

    Vu l’état économique, de santé physique et mentale de l’Amérique blanche et prolo de Trump, on peut difficilement imaginer un sursaut dans les années à venir. Ils sont davantage proche de la tombe plutôt que d’aller faire la guerre avec la bannière étoilée comme dans le film Le Patriote. L’électorat est aussi clairsemé. Contrairement à ce qu’on pense, ceux qui font pencher la balance ne sont pas les électeurs de Trump, ils peuvent apporter quelques kilos ici et là. Les vrais faiseurs de roi sont les “Swing voters”, des banlieusards blancs, qui ne s’occupent pas de politique, qui mènent leur vie tranquille, ne répondent jamais aux sondages, mais vont déterminer l’issue dans l’isoloir. Et parmi ces swing voters, on a les “Karen” ou des “Walmart Moms“, mères avec un ou deux gosses qui vont tout faire pour protéger leur rejeton contre la diversité ambiante et les élever dans la petite maison dans la prairie, loin des brouhahas des grandes villes.

    On peut aussi parler du dépotoir à ciel ouvert que sont devenues des villes comme San Francisco ou Atlanta. En fait, les villes avec le plus fort taux de criminalité sont démocrates parce que ces crétins amassent des migrants à la pelle pour casser les salaires et permettre à l’oligarchie de se maintenir au pouvoir.

    La longueur de cette note de lecture montre que je ne peux que recommander la lecture de Chez Trump d’Alexandre Mendel. Pas de chiffres ou de discours complexes, juste une traversée dans l’Amérique profonde, écartelée à l’extrême et qui est donc imprévisible par nature.

    Chez Trump: 245 jours et 28000 miles

    Il y a des livres qu'on a dû mal à lire jusqu'au bout, ils sont pénibles, rébarbatifs et parfois répétifs. Comme celui de Zemmour ou de Mamou. D'autres sont comme de l'eau fraiche après une journée au Sahara et celui de Berger et Chez Trump d'Alexandre Mendel possèdent aussi ce potentiel de désaltération.

    URL: https://www.amazon.fr/Chez-Trump-AmA9dias-ignorent/dp/2810009848

    Auteur: Alexandre Mendel

    Nom: Chez Trump

    URL: https://www.editionsartilleur.fr/produit/alexandre-mendel-trump/

    Auteur: Alexandre Mendel

    ISBN: 9782810009848

    Date de publication: 2022-09-25 19:17

    Format: https://schema.org/Paperback

    Note de l’éditeur/éditrice :
    5
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