Les cryptomonnaies, un nouveau levier d’influence dans la géopolitique ?

Il y a des signaux faibles, mais qui méritent d’être soulignés que les cryptomonnaies seront bientôt utilisé comme des leviers d’influence dans la géopolitique, notamment vers une dédollarisation.


WorldSpectrum / Pixabay

Le 17 mai 2018, Mohammad Reza Pourebrahimi, chef de la commission iranienne des affaires économiques, a envisagé la possibilité que la Russie et l’Iran règlent leurs transactions en cryptomonnaie. L’objectif assumé est de contourner les sanctions internationales mises en place par les Etats-Unis et leurs alliés européens. Concernant l’Iran, le 21 février 2018, le pays a annoncé qu’il réfléchissait aussi à lancer sa propre cryptomonnaie. Le lendemain, donc le 22 février 2018, un média local rapportait que la Turquie envisage à créer sa propre cryptomonnaie.

Le 18 janvier 208, la RACIB, qui est l’association russe des cryptomonnaies et de la Blockchain, a annoncé que le gouvernement russe envisage de lancer le CryptoRouble, sa propre cryptomonnaie à l’horizon 2019. L’Iran, la Turquie et la Russie ont fait leurs annonces quand le Venezuela a lancé le Petro, sa propre cryptomonnaie, qui a été aussitôt banni par Trump sur le territoire américain.

Le point commun de tous ces pays est qu’ils sont très hostiles pour les Etats-Unis. Mais au delà de ça, l’attrait de la crypto-monnaie prouve que le dollar est sur le déclin. Si le dollar avait toujours la cote, on comprendrait ces annonces par ces pays, mais on ne comprendrait pas cet attrait pour les alliés des américains. Le Japon, le Kazakhstan et l’Estonie envisagent tous de lancer leur propre cryptomonnaie. Dans le cas de l’Estonie, Mario Draghi, président de la BCE, est arrivé comme une furie en clamant qu’aucun pays européen n’a le droit de frapper sa propre monnaie, virtuelle ou physique, à cause de l’euro. On sent le pissage dans le froc des élites européennes. Tous ces événements ne sont pas anodins et montre que même si ces pays, surfent sur la crypto-monnaie parce que c’est la tendance, il y a une vraie lame de fond qui se profile à l’horizon qui risque d’emporter l’euro et le dollar sur le long terme.

Ca prendra des décennies, mais ça viendra. Toutefois, le problème des cryptomonnaies nationales est qu’on peut les bannir très facilement et qu’elles ne vont pas forcément attirer les investisseurs étrangers (même si le Venezuela a levé 5 milliards de dollars avec le Petro). Pour que les cryptomonnaies puissent servir de levier de pression dans la bataille géopolitique, il faut que la crypto-monnaie, choisie par un pays pour contourner les monnaies de singe que sont le dollar et l’euro, soit également utilisé par les habitants du pays qui lance la sanction.

De cette manière, la sanction va affecter également partiellement le pays à l’origine de la sanction. Mais il est évident que des pays comme l’Iran ou la Russie ne peuvent pas parier sur le Bitcoin ou d’autres cryptomonnaies globalisées pour une raison simple. Elles sont très fluctuantes, mais surtout, seule une minorité d’utilisateurs possèdent tous les Bitcoins. Ainsi, une analyse montre que 87 % de tous les Bitcoins sont concentré sur seulement 0,5 % des portefeuilles de Bitcoin. Cela signifie que la concentration des richesses du Bitcoin est pire que l’image habituelle du 1 % des richesses financières versus 99 % qui crèvent de faim. On est loin de la richesse pour tous annoncée dans les posters pour acheter des cryptomonnaies. Evidemment, l’identité de ces utilisateurs est difficile à devenir, mais je vous parie ce que vous voulez que c’est principalement des occidentaux et même que ce sont des instituts financiers qui sont à l’oeuvre.

Mais quoi qu’il en soit, l’effervescence actuelle des cryptomonnaies dans des batailles géopolitiques montre qu’il y a quelque chose qui se profile à l’horizon et évidemment, on n’a aucune idée de ce qui se passe dans la tête du monstre économique qu’est la Chine. Si la Chine bouge un cil sur la crypto-monnaie, alors que ce pays possède déjà les principaux mineurs au monde, je peux vous dire que ça va chier.

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Houssen Moshinaly

Rédacteur web depuis 2009 et journaliste scientifique. Je suis également un blogueur dans la vulgarisation scientifique et la culture.

Je m'intéresse à des sujets comme les cryptomonnaie, l'activisme, mais également la politique. Je touche à tout et je le partage via mes blogs et mes réseaux.

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