Bullshit -> La neuroscience non-matérialiste

La neuroscience non-matérialiste est l’une des attaques les plus récentes sur les prétendues « limites » de la science. La neuroscience non-matérialiste est promue par des personnalités telles que Michael Egnor, Denyse O’Leary et Mario Beauregard. Le postulat est que la neuroscience actuelle ne peut pas tout expliquer et il y a bien plus que le fonctionnement du cerveau et des interactions neuronales pour expliquer des choses telles que les idées ou la conscience.

Table des matières

  1. Michael Egnor nous propose un bel exemple de Non sequitur (qui ne suit pas les prémisses)
  2. Le cerveau quantique de Mario Beauregard
    1. Les arguments inspirés de la mécanique quantique
    2. Les arguments inspirés de la psychologie et de la neuroscience
  3. L’expérience sur les nonnes de carmélite ou l’inversion totale du Rasoir d’Ockham
  4. Le mot de la fin
  5. Sources

La neuroscience non-matérialiste est l'une des attaques les plus récentes sur les prétendues "limites" de la science. La neuroscience non-matérialiste est promue par des personnalités telles que Michael Egnor, Denyse O'Leary et Mario Beauregard. Le postulat est que la neuroscience actuelle ne peut pas tout expliquer et il y a bien plus que le fonctionnement du cerveau et des interactions neuronales pour expliquer des choses telles que les idées ou la conscience.

Les neurosciences font des progrès foudroyants et elles peuvent toucher à tous les domaines. Ainsi, la neuroscience moderne ambitionne d’expliquer la pensée, l’émotion et le comportement humain avec de simples interactions neuronales. La modélisation informatique, mais également l’imagerie cérébrale non intrusive permet aux neuroscientifiques de décrire l’émergence des pensées complexes à partir de l’activation de patterns précis de neurones. Et sur ce point, la neuroscience met une balle dans la tête du dualisme. Pour simplifier, le dualisme postule que le corps et l’esprit sont des entités indépendantes.

Pour contrer cette « infamie » des neurosciences, des personnes ont inventé la discipline de la neuroscience non-matérialiste. Plutôt que de proposer des hypothèses et des expériences testables, la neuroscience non-matérialiste se contente de lister des choses que « la science ne peut pas expliquer ».

Sans surprise, la neuroscience non-matérialiste est promue agressivement par le Discovery Institute qui est un Think Tank religieux qui veut enseigner le dessein intelligent à l’école. Les principaux partisans de la neuroscience non-matérialiste sont Michael Egnor, un neurochirurgien et un contributeur sur un blog du Discovery Institute, Denyse O’Leary, une « journaliste » canadienne qui possèdent un blog dédié sur la neuroscience non-matérialiste qui copie-colle souvent des articles sur le blog de William Dembski qui est le principal partisan du dessein intelligent. Enfin, on a Mario Beauregard qui a co-écrit un livre avec O’Leary qui s’intitule Du cerveau à Dieu – Plaidoyer d’un neuroscientifique pour l’existence de l’âme.

Michael Egnor nous propose un bel exemple de Non sequitur (qui ne suit pas les prémisses)

Michael Egnor est un neurochirurgien pédiatre au Brookhaven Memorial Hospital Center et il est un blogueur régulier au Discovery Institute. Egnor tente de prouver le dualisme sur des notions philosophiques. Ce qu’il propose n’est pas de la science, mais s’en approche plus ou moins en utilisant des expériences de pensée. Son argument est un sophisme de logique de la plus belle eau qu’on connait par le Non sequitur (qui ne suit pas les prémisses) qu’on peut aussi considérer comme un CQFD (Ce qu’il fallait démontrer) :

  • Postulat majeur : La matière possède des propriétés de masse, de longueur, de température et de localisation
  • Postulat mineur : Les idées ne possèdent pas de propriétés de masse, de longueur, de température et de localisation.
  • Conclusion : On ne peut pas créer les idées avec la matière.

Ou encore :

  • Postulat majeur : Le lait est un liquide et il est blanc
  • Postulat mineur : Le fromage n’est pas un liquide et il n’est pas blanc
  • Conclusion : Le fromage ne vient pas du lait.

Un dernier pour la route :

  • 10 % des vols de voiture sont commis par des gauchers.
  • La moitié des ours polaires sont gauchers.
  • Il y a donc 5 % de chances que votre voiture ait été volé par un ours polaire.

Le syllogisme d’Egnor est défaillant sur de nombreux points. On pourrait le contrer par de nombreux exemples, notamment par le phénomène d’émergence. L’émergence concerne l’apparition de phénomènes complexes à partir de règles simples. Mais il y a souvent des malentendus sur l’émergence, car c’est surtout lié à notre compréhension. Les règles simples au départ consistent en des millions d’instances qui vont travailler ensemble. Ainsi, on peut dire que l’univers est composé uniquement de leptons et de quarks qui produisent les 4 forces fondamentales, mais l’émergence ne s’y applique pas, car elle concerne uniquement la compréhension des phénomènes complexes qui en résultent. Le principal problème d’Ergon est qu’il commence déjà avec deux choses ayant des propriétés partagées. En général, vous commencez avec des états corrélés et vous faites évoluer ces états via l’expérimentation. Ergon tente de le tester via l’expérience de pensée. Il propose plusieurs manipulations parmi lesquelles le cerveau « évolue » dans l’espace et le temps ou de fractionner le cerveau en des composants plus simples. Ensuite, Ergon veut observer comment les idées changent en fonction de ces manipulations.

L’expérience de pensée pourrait être intéressante, mais Egnor tombe dans le piège habituel du créationniste. Il mène des expériences pour accomplir un objectif déjà connu (il a déjà sa vérité et il crée des expériences dans ce sens). Les vrais scientifiques comment par demander si les changements dans le cerveau sont corrélés avec le changement dans le pattern de la pensée. On sait que le déplacement du cerveau dans l’espace ne change pas la pensée et le réduire à des composants ne vous donnera pas des composants de pensée. Les changements dans le cerveau produisent les pensées. Si Ergon avait raison, alors un changement dans le cerveau n’aurait aucune influence sur la capacité de penser. Ainsi, si le cerveau est endommagé physiquement, alors on sait que la personne peut développer immédiatement des troubles mentaux tels que les troubles de la mémoire, les réflexes moteurs, etc.

On a également des médicaments qui altèrent le cerveau et donc, nos pensées et nos comportements. Même le fait de prendre un simple Fervex peut provoquer des petits changements qui sont perceptibles. L’hypothèse d’Ergon est qu’il y a une entité externe appelée Esprit ou Conscience qui intervient et qu’elle ne dépend pas du cerveau. On n’a jamais observé une séparation entre la matière et les idées. Et c’est là toute la puissance des neurosciences. On peut corréler précisément un comportement ou une pensée avec une partie du cerveau ou un certain pattern de neurones. Quand on déclenche l’activité neuronale correspondante, alors on déclenche le comportement. Sans matière, pas de pensée.

Ergon a proposé son hypothèse pour expliquer l’altruisme chez les humains. Voici un extrait de son argument :

L’altruisme n’a pas de matière ou d’énergie. Il ne possède pas de localisation, de poids ou de dimension ou de température. L’altruisme ne possède aucune propriété de la matière. L’altruisme se base sur la motivation et le jugement qui ne sont pas matériels. L’altruisme n’a pas de partie dans la mesure où il y aurait un côté « droit » ou « gauche » de l’altruisme. Il y a des parties gauches et droites du cerveau qui sont peut-être associé avec l’altruisme, mais il n’y pas cette dualité dans l’altruisme proprement dit. Les objets physiques comme le cerveau humain peuvent servir d’intermédiaires pour afficher l’altruisme, mais ce dernier n’est pas spatial. Dire que l’altruisme fait 3 pouces à partir du côté d’une table est insensé.

Je vous la fais courte. Ergon nous dit que l’altruisme nous vient de Dieu et qu’il se manifeste via le corps humain. Ergon oublie facilement le cas de Phineas Gage, un travailleur dans les chemins de fer, qui avait changé totalement de comportement après un accident qui lui fait perdre son lobe frontal gauche. Avant l’accident, Phineas Gage était serviable, aimable, attentionné et altruiste. Après l’accident, il est devenu un parfait connard en insultant tout le monde et en étant totalement instable sur le plan social.

Dans sa forme la plus simple, la neuroscience non-matérialiste d’Ergon est de l’argument d’ignorance à l’état pur en mode : Je ne peux pas expliquer que l’altruisme provient précisément d’interactions neuronales, alors l’altruisme doit avoir une cause forcément surnaturelle.

Le cerveau quantique de Mario Beauregard

Mario Beauregard possède un doctorat en psychologie et il est un chercheur en neuroscience à l’Université de Montréal. La force de Mario Beauregard est que plusieurs de ses études ont été publiées dans des revues évaluées par les pairs. Mais ce n’est pas parce qu’une étude est publiée dans une revue évaluée qu’elle est directement fiable. Il faut que les autres scientifiques puissent la reproduire. De plus, les travaux de Beauregard sont mélangés. On a des études qui se concentrent uniquement sur la neuroimagerie qui sont légitimes, mais il y en a une seule qui parle de dualisme. Cette étude s’intitule Quantum physics in neuroscience and psychology: a neurophysical model of mind’s brain interaction et elle été menée par Jeffrey M Schwartz, Henry P Stapp, Mario Beauregard. Cette étude utilise à la fois des principes en neuroscience et en psychologie, mais également des éléments de la mécanique quantique (oui, le fameux cerveau quantique). On peut résumer cette étude par les points suivants :

Les arguments inspirés de la psychologie et de la neuroscience

  • Le cerveau possède une plasticité pour que l’architecture neuronale et l’activation des patterns puissent être changées durant la vie d’un organisme. Ces changements peuvent se produire sur le court et le long terme et ils peuvent être soit totalement permanents ou temporaires.
  • On a démontré que les humains peuvent activer cette plasticité via un effort conscient.
  • Les explications existantes de la science matérialiste (sic) ne suffisent pas à expliquer ce phénomène.
  • De ce fait, il doit exister un « esprit » en dehors du cerveau.

 

Les arguments inspirés de la mécanique quantique

  • Certains des changements, qui ont lieu pendant les changements de la plasticité dans les structures cérébrales, impliquent des effets quantiques.
  • La physique quantique démontre qu’un « esprit » est un composant nécessaire pour qu’une chose se produise.Notez que cela n’a pas été « démontré » puisque l’effondrement de la fonction d’onde ne se produit pas avec toutes les interprétations de la mécanique quantique. De plus, l’effondrement de la fonction d’onde nécessite un observateur conscient.
  • Donc, cet esprit ne se base pas sur une existence matérielle.
  • De ce fait, un esprit est nécessaire pour altérer le cerveau pour expliquer l’implication des interactions quantiques.

C’est très simpliste et on vous recommande de lire l’article de RationalWiki à ce sujet qui le démontre en profondeur. Mais on remarque très rapidement que les 2 arguments sont expliqués par un esprit à l’extérieur du cerveau. Au-delà de l’expérience, Mario Beauregard utilise simplement l’argument d’ignorance qui est très utilisé par les créationnistes.

En premier lieu, Beauregard crée un faux dilemme qui est un sophisme de logique qui propose 2 points de vue opposés qui sont présentés de telle manière qu’ils semblent les 2 seules possibilités. Si le premier point de vue est faux, alors l’autre est forcément vrai. Le meilleur exemple est :

  • La théorie de l’Évolution et le créationnisme ne peuvent pas être vrais en même temps.
  • L’évolution n’est pas vraie
  • Donc, le créationnisme est vrai

Une fois que Beauregard nous piège avec ce sophisme de logique, il va trouver quelque chose d’intéressant et prétendre que vous ne pouvez pas l’expliquer sans l’intervention de Dieu ou d’une entité immatérielle. Les expériences de Beauregard impliquent qu’une pensée active peut altérer l’activation d’un pattern de neurones. Et son sophisme de logique est d’expliquer que soit, les théories matérialistes arrivent à expliquer cette activation, soit c’est le dualisme, mais il n’inclut pas une 3e ou 4e explication qui pourrait émerger.

En d’autres termes, il nous dit : Vos théories scientifiques actuelles ne peuvent pas expliquer comment les pensées changent le cerveau et donc, il y a forcément un « esprit » en dehors du cerveau qui intervient. On a le même raisonnement dans les pseudosciences. Vos théories scientifiques n’expliquent pas le phénomène à 100 % et donc, ma croyance surnaturelle est forcément vraie. Le faux dilemme est une saloperie et il est intégré dans de nombreux aspects de notre société. Par exemple, la France, tu l’aimes ou tu la quittes est un faux dilemme. Car cela sous-entend que tu dois accepter toutes les exigences de la France alors que la République française a été fondée suite à une révolte populaire soit la plus radicale des critiques contre le système. Ou encore, les terroristes ne sont pas des musulmans radicaux parce que leur religion leur impose une vision sanglante et meurtrière, mais parce que notre politique étrangère les force à être des terroristes. Cet argument revient sans cesse, mais cela reste un faux dilemme. Si tu refuses que les musulmans radicaux ne soient pas foncièrement des meurtriers, alors c’est forcément la politique étrangère de ton pays, alors que la réalité est plus nuancée et elle implique des degrés variables de chaque explication ce qui nous donne des dizaines de critères pour expliquer la radicalisation d’une personne. Quand vous voyez une phrase totalement binaire, méfiez-vous-en comme de la peste.

L’expérience sur les nonnes de carmélite ou l’inversion totale du Rasoir d’Ockham

Parmi les expériences controversées de Beauregard, la communauté scientifique a surtout critiqué celle qui concernait les nonnes de carmélites. Beauregard a fait une imagerie cérébrale par résonnance magnétique sur des nonnes de l’ordre du Carmel qui est un ordre chrétien contemplatif. Beauregard a analysé ce qu’il appelle la « condition mystique » pour observer l’activité cérébrale pendant « l’union des nonnes avec Dieu pendant leur contemplation ». Dans l’expérience de contrôle, on a demandé aux nonnes de se rappeler de l’expérience la plus intense qu’elles avaient eue avec une autre personne dans l’ordre du Carmel et on a analysé l’activité cérébrale. Dans l’expérience de la condition mystique, on a demandé aux nonnes de se rappeler leur expérience la plus intense depuis qu’elles étaient dans l’ordre du Carmel. À la fin, Beauregard a comparé les 2 résultats et il a trouvé que c’était différent… Woaouh !! On est sauvé !

Pourquoi c’est du Bullshit ? La condition mystique n’a jamais été mesurée en temps réel. On a juste demandé aux nonnes de se rappeler de cette transe mystique et comme l’activité cérébrale ne correspondait pas avec l’expérience de contrôle, alors Beauregard a tranquillement conclu qu’il y avait « autre chose » pendant l’expérience mystique que celle qui consiste à se rappeler de la communion avec un autre humain. Mais c’est quoi cette conclusion de merde ? Cela ne veut rien dire !

Mais Beauregard va beaucoup plus loin alors que son étude présente de nombreuses failles. Il nous dit :

En premier lieu, nous devions convaincre les nonnes que nous n’essayions pas de prouver que les expériences religieuses ne se sont pas produites (méfiez-vous des doubles négations) ou qu’un Glitch dans le cerveau pouvait les expliquer. Ensuite, nous devions calmer les espoirs des « athées professionnels » et les peurs du clergé de réduire ces expériences à une forme de point de Dieu (God Switch) dans le cerveau.

De nombreux neuroscientifiques veulent juste se contenter de ces explications. Ces scientifiques sont des matérialistes qui pensent que le monde physique est la seule réalité. Toutes les autres choses telles que la pensée, la sensation, l’esprit et la volonté peuvent être expliquées en termes de matière et de phénomène physique en ne laissant aucune place aux expériences religieuses et spirituelles à part le fait que ce sont des illusions.

Quel ramassis de conneries ! De nombreuses phrases sont clairement anti-science et ciblent les athées. Déjà on peut tiquer face aux athées professionnels comme s’il y avait des chrétiens professionnels. Ensuite concernant le God Switch. J’ai fait quelques recherches dessus et il semble que c’est lié à des expériences religieuses qui auraient une activité cérébrale précise dans le cerveau. Le problème est que cette hypothèse provient de la neurothéologie qui semble être une pseudoscience. Il y a très peu d’études sérieuses sur cette discipline, mais il semble que ses partisans veulent considérer les expériences religieuses comme ayant une activité cérébrale totalement différente comme si ces expériences étaient plus « pures » que les autres expériences ressenties par un humain. Donc, la neurothéologie sent déjà le moisi, mais Beauregard ne l’accepte pas non plus pour expliquer l’activité cérébrale des nonnes pendant leur condition mystique et il fait l’inverse puissance 1000 du rasoir d’Ockham (Privilégier l’hypothèse la plus simple et plausible).

Prenons son expérience. Grosso modo, il nous dit que l’activité cérébrale des nonnes pendant la condition mystique était différente de l’expérience ressentie avec un humain. Si on sort le rasoir d’Ockam, on a deux hypothèses. Soit, c’est une activité cérébrale tout à fait normale, mais qui n’est pas encore connue des neurosciences (puisque la neuroscience est une discipline récente). Soit, on émousse un peu le rasoir et on va dans le sens du God Switch (qui est plus de la pseudoscience qu’autre chose). Mais Beauregard rejette les 2 hypothèses alors que la seconde est déjà tirée par les cheveux et il pense qu’il y a une troisième hypothèse (sa préférée) est que c’est Dieu qui a influencé la condition mystique de ces nonnes. Il ne le dit pas en ces termes, mais c’est clairement ce qui transpire par tous les pores de cette étude.

Le mot de la fin

Que ce soit avec les arguments d’Ergon ou de Beauregard, on voit cette tendance systématique à avoir une conclusion toute prête et à créer des hypothèses qui vont toujours aller dans le sens de cette conclusion. En science, c’est l’inverse. On peut avoir des hypothèses, mais les expériences et leurs conclusions sont toujours indépendantes de ces hypothèses et c’est tout l’intérêt de proposer des expériences aussi fiables que possible pour éviter tous les biais. La question de départ doit être également bien posée pour qu’on envisage des hypothèses testables et réfutables. Si les conclusions confirment la question de base, alors cela ouvre la voie à de nouvelles questions qu’on va tester par d’autres expériences. C’est un processus circulaire, mais le succès dépend uniquement de l’honnêteté de la question et des expériences.

Il ne faut pas confondre le processus circulaire de la méthode scientifique avec le raisonnement circulaire qui fait en sorte d’arriver toujours aux mêmes conclusions en façonnant artificiellement les expériences. Les neurosciences sont parties d’un constat assez simple : Quelles sont les capacités du cerveau à affecter nos pensées et notre comportement ? Et les neurosciences n’ont pas réinventé la roue. Elles ont utilisé des principes de la biologie et de la médecine grâce à la fiabilité des méthodes et en posant leur question de base sur les capacités du cerveau, les neurosciences ont ouvert la voie à des milliers de questions tout aussi intéressantes les unes que les autres. Pour moi, la neuroscience possède le potentiel de surpasser la psychologie ou la psychiatrie avec des progrès beaucoup plus palpables pour traiter les maladies mentales tout en affutant notre compréhension de notre cerveau.

La neuroscience non-matérialiste fait exactement le contraire. Son hypothèse de base est gravée dans le marbre, les expériences sont menées à la pisse en surfant sur la mécanique quantique et la neuroscience. Les résultats de ces expériences ne posent pas de nouvelles questions, mais ramènent constamment au point de départ. C’est de la pseudoscience dans tous les sens du terme. Les partisans de la neuroscience non-matérialiste rejettent ces critiques avec sarcasme en disant que la communauté scientifique est trop conne, trop terre-à-terre, trop matérialiste pour comprendre la portée de leur pseudoscience. Et dans ce sens, cette pseudoscience considère le concept matérialisme par le prisme du créationnisme. Le matérialisme en science concerne l’étude de la matière sous toutes ses formes. C’est pourquoi la science ne s’intéresse pas à Dieu, aux anges, aux fantômes, car ce sont des entités immatérielles.

Et la science ne rejette pas des arguments qui étaient considérés comme étant farfelus il y a quelques années. Par exemple, le cerveau quantique. Tous les physiciens vont grimacer avec cette expression, mais vous avez des recherches menées par Matthew Fisher qui propose l’existence d’états quantiques qui permettrait de créer des qubits rudimentaires dans le cerveau. Mais Fisher se base sur la biologie quantique qui est une vraie science et qui est également très prometteuse. Fisher est assez isolé, car il soulève beaucoup de scepticisme. Mais la communauté scientifique ne l’a pas totalement rejeté, car Fisher débarque avec une hypothèse testable. Actuellement, ses expériences ne donnent rien ce qui tendrait à infirmer son hypothèse. Mais c’est la démarche qui est importante. Ainsi, Fisher déclare que : Je pense que si le spin nucléaire du phosphore n’est pas utilisé dans le traitement quantique, alors cela signifie que la mécanique quantique n’existe pas sur de longues périodes de temps concernant la cognition. Et il est important de le confirmer ou de l’infirmer une bonne fois pour toutes. Son hypothèse est farfelue, mais il est prêt à accepter des résultats négatifs. C’est ce qu’on attend d’un bon scientifique. Beauregard et Ergon sont plus des créationnismes drapés dans un déguisement de scientifique pour éviter de se prendre toute la puissance des esprits critiques dans la gueule. De plus, il est dramatique que la page Wikipedia de Mario Beauregard ne propose aucune critique sur la fiabilité de ses travaux. Pour une personne qui propose des idées s’inspirant du créationnisme, il est important de nuancer ses travaux en mettant une section de critique sur la fiabilité de ses méthodes et ses conclusions hatives. Dans le cas de Michael Egnor, sa page Wikipedia en anglais montre clairement qu’il est un partisan du dessein intelligent.

Sources :

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Un commentaire

  1. Le sujet est très intéressant. En revanche, le ton montre bien qu’il y a un net rejet du camp opposé. Et cela semble réciproque (à moins qu’il y ait projection…).

    Sauf erreur, je crois discerner derrière la neuroscience non-matérialiste beaucoup de choses en rapport avec les traditions spirituelles telles que le bouddhisme, le soufisme, et autres chemins empruntés par les grands mystiques. Toutes sont d’accord pour dire une chose simple :

    « Nous ne sommes pas les pensées qui sont produites par notre mental (ou égo). »

    Mais que sommes nous alors ? La « conscience » pour certains, le « soi » pour d’autres. Mais il est difficile de développer pour la raison suivante : seul celui qui pratique la méditation peut faire l’expérience par lui-même de ces réalités.

    Pourquoi faire des articles aussi long ? Au final, cela n’est que le fruit du mental qui produit la pensée, aussi intelligente soit-elle. Hors ces pensées sont conditionnées dans la grande majorité des cas par nos croyances et nos peurs profondes et moins profondes. Elles conduisent souvent à des réflexes d’opposition (rejet ou attirance avec peu de nuance).

    Une bonne manière de connaitre la vérité serait de traverser un à un ces conditionnements pour voir ce qu’il y a de l’autre côté non ? Mais souvent le plus simple est le plus difficile : qui a réellement envie de voir ces (ses) peurs en face ? C’est extrêmement difficile, surtout lorsque la conscience est totalement identifiée à l’ego et que notre prétendue personnalité repose en grande partie sur ces croyances.

    Tout ça pour dire que je n’ai pas la réponse, mais j’ai de plus en plus la sensation que derrière chaque querelle de clocher se cache le refus d’un combat intérieur qui pourrait être bénéfique à soi comme aux autres.

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