La psychanalyse et le documentaire « Le Mur » de Sophia Robert

Le documentaire « Le Mur – La psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » de Sophia Robert propose la vision de l’autisme par des psychanalystes. La psychanalyse est une pseudoscience et elle se rapproche de plus en plus du dogme sectaire sur certains points. On peut la critiquer, mais il y a aussi des éléments que Sophia Robert a donnés pendant ses interventions qui m’ont fait tiquer.

Le documentaire "Le Mur - La psychanalyse à l'épreuve de l'autisme" de Sophia Robert propose la vision de l'autisme par des psychanalystes. La psychanalyse est une pseudoscience et elle se rapproche de plus en plus du dogme sectaire sur certains points. On peut la critiquer, mais il y a aussi des éléments que Sophia Robert a donnés pendant ses interventions qui m'ont fait tiquer.

En 2011, Sophia Robert, réalisatrice et productrice, a sorti un documentaire appelé « Le Mur – La psychanalyse à l’épreuve de l’autisme« . L’objectif est de donner la parole à plusieurs psychanalystes pour qu’ils parlent de leurs pratiques aux profanes que nous sommes. Les interviews se sont penchés naturellement vers l’autisme et on peut entendre des choses qui feraient frémir la pire de sectes. Pour simplifier très grossièrement, certains psychanalystes estiment que l’autisme est lié à une erreur de la mère. La psychanalyse est une pseudoscience dans la mesure où elle a très peu évolué au fil des années et des hypothèses qui ne prennent pas une ride sont des dogmes. C’est-à-dire que tous les problèmes de la psyché et de l’inconscient humain peuvent être expliqués par les dogmes de base de la psychanalyse.

Le dogme sectaire de la psychanalyse

La psychanalyse n’est pas présente dans tous les pays et elle est surtout pratiquée en France et en Argentine. Pour ma part, je ne connaissais pas du tout la psychanalyse et je la considérais comme une « vraie science » au même titre que la psychologie et la psychiatrie. En fait, je considérais que la psychanalyse était une sous-catégorie de la psychologie. C’est après avoir vu le Live de Tronche en Biais sur ce sujet avec Sophia Robert ainsi que son interview par la chaine Cygnification que j’ai compris que la psychanalyse pouvait être une vraie saloperie.

En premier lieu, je vous conseille d’aller voir le documentaire « Le Mur – La psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » qui est disponible sur DailyMotion (J’ignore s’il est disponible sur Youtube). Ensuite, regardez les 2 interventions de Sophia Robert sur Tronche en Biais et Cygnification. Et ensuite, je vous conseille Le Livre noir de la psychanalyse publié sous la direction de Catherine Meyer qui a compilé les critiques de plusieurs auteurs sur la psychanalyse de Freud. Notons que ce livre a été très critiqué par les médias, mais très apprécié du public et les psychanalystes ont contre-attaqué en publiant l’anti-livre noir de la psychanalyse qui prétend réfuter le premier livre. Mais c’est surtout de la justification de leur propre pratique sans aucune preuve réelle.

On pourrait dire que la psychanalyse est considérée comme une science grâce à son énorme corpus et ses nombreuses hypothèses. Malheureusement, une science doit constamment évoluer. Si vous pensez que la théorie de l’Évolution est celle de Darwin en 2016, alors vous devriez revoir vos fiches. De nombreux aspects de Darwin sont incorrects et la même chose est valable pour toutes les sciences puisqu’une science est un effort collectif avec une correction collective des erreurs. Mais le principal problème de la psychanalyse est qu’elle considère l’inconscient psychique (à ne pas confondre avec le subconscient qui est utilisé en philosophie et en psychologie) comme une boite noire dont on ignore le fonctionnement. On peut uniquement faire des interprétations sur cet inconscient en analysant le comportement et les choix de la personne. De ce fait, la psychanalyse est irréfutable et donc, c’est une pseudoscience. Une preuve ou une hypothèse doit être toujours réfutable pour être considéré comme une science. Karl Popper qui est l’un des piliers de la réfutabilité de la preuve, explique dans son livre Conjectures and Refutations que la psychanalyse n’est pas testable dans l’état et qu’elle doit être assimilé à l’astrologie (un extrait du livre traduit par mes soins) :

Les 2 hypothèses psycho-analytiques appartiennent à une classe différente. Elles sont simplement non testables et irréfutables. Il n’y a pas de comportement humain qui peut les contredire. Cela ne signifie pas que Freud ou Adler (Alfred Adler a développé la psychologie individuelle qui est une forme de dissidence par rapport aux hypothèses de Freud) avaient faux sur toute la ligne. Je n’ai aucun doute que certaines de leurs hypothèses auront une importance considérable en psychologie dans le futur et où on pourra les tester de manière rigoureuse. Mais cela signifie que ces observations cliniques dans lesquelles les psychanalystes croient fermement et naïvement seront du même niveau que les confirmations quotidiennes que les astrologues trouvent dans leur pratique. Et pour les hypothèses de Freud sur l’Ego, le Super-Ego ou l’Identification, elles possèdent une validité scientifique similaire aux histoires d’Homère sur le mont Olympe. Elles peuvent contenir des suggestions psychologiques intéressantes, mais elles ne sont pas testables.

Toutefois, Popper est critiqué sur ce point de vue. En fait, la psychanalyse possède plusieurs courants et il y avait déjà des critiques contre Freud à son époque. Ainsi, Hans Eysenck, qui était un opposant de Freud, estimait que les hypothèses de Freud étaient testables et donc, une science, mais c’est juste qu’elles étaient totalement fausses.

Critiques sur Sophia Robert

Après ce petit résumé sur le bordel qui existe en psychanalyse, il est important de souligner quelques éléments étranges dans les interventions de Sophia Robert. Je tiens à dire que ce n’est pas une critique de son documentaire qui est quasiment parfait, mais certaines de ses déclarations. Dans les 2 interventions que j’ai pu voir, Sophia Robert estime que la psychanalyse a eu dû mal à s’imposer en France dans les années 1990 à cause des avancées en psychologie et en psychiatrie. Le résultat est que de nombreux psychanalystes ont été expulsés des universités, mais ces psychanalystes ont obtenu des diplômes en psychologie ou psychiatrie pour revenir dans le cursus universitaire. Donc, ils s’affichent comme des psychologues, mais leur enseignement est mélangé avec la psychanalyse.

Cette déclaration est un problème puisqu’elle n’est pas testable facilement et qu’elle recèle des germes du complotisme. Comment voulez-vous qu’on détecte un psychanalyste s’il se fait passer pour un psychologue ? Ça n’a pas de sens. Il faudrait maitriser totalement la psychologie et la psychanalyse pour déceler les erreurs ce qui est un problème pour les étudiants qui se lancent dans les filières psycho. Donc, ils pensent suivre un cursus de psychologie, mais en fait, ils deviennent des psychanalystes malgré eux ? C’est le syndrome de persécution propre au complotisme. Ensuite, Sophia Robert mentionne également l’omniprésence de la psychanalyse dans les médias et les sphères politiques. Je suis désolé, mais cela relève encore du complot, car il faut en apporter la preuve. Elle mentionne également des experts judiciaires qui sont des psychanalystes ce qui explique pourquoi les victimes de viol ou d’agressions par les hommes écopent d’une peine légère. Si vous enchainez tous ces éléments, alors vous avez une sorte de psychanalyse qui serait des illuminatis qui contrôleraient le pouvoir et imposeraient sa pensée sectaire en mode : Ils sont parmi nous et on ne peut pas les reconnaitre. De plus, Sophia Robert martèle ces éléments à chaque occasion et cela nuit à son travail dans l’ensemble. Mais on n’est pas à sa place puisqu’elle a vécu des années dans le monde de la psychanalyse et on ignore ce qui se trame dans les coulisses.

Mais pour ma part, je vous conseille vraiment de vous méfier de la psychanalyse. Méfiez-vous également de la psychologie qui est en train de vivre une énorme crise de reproductibilité de ses résultats. Et n’oublions que la psychiatrie nous a sorti cette ânerie comme quoi, la liberté d’expression est une maladie mentale (Oui, oui). Ce n’est pas que ces sciences ont tort, mais elles prétendent comprendre l’esprit humain alors qu’on connait très peu de choses sur son fonctionnement. Quand votre cadre est ultra-limité, alors les conclusions hâtives peuvent devenir fréquentes. Et je parie que les neurosciences vont faire énormément de mal à ces différentes disciplines.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s