Comment lire et comprendre une étude scientifique ?


Je vous propose quelques conseils pour lire et comprendre une étude scientifique. Notons que je me suis énormément inspiré de cet article en anglais qui est beaucoup plus complet et accessible pour les novices. Cependant, si ce guide anglais est vraiment excellent, je pense que je peux ajouter quelques trucs.Je vous propose quelques conseils pour lire et comprendre une étude scientifique.

Le nombre d’études scientifiques a explosé ces dernières années. On peut l’expliquer de différentes façons. Les plus cyniques diront qu’on a des études scientifiques à la pelle parce que les scientifiques sont incités à publier autant que possible via la pression de leurs institutions et pour avoir des chances d’obtenir des subventions. Une approche moins cynique serait simplement que la science devient plus complexe chaque jour avec des questions et des disciplines de plus en plus détaillées et qu’on a un nombre d’études scientifiques en conséquence. Toutefois, on ne peut pas nier le fait que la publication scientifique possède de nombreux travers, qui ne sont pas liés à la recherche ou aux scientifiques, mais à une hégémonie des revues scientifiques et de leurs critères qui force les scientifiques à suivre une cadence qui n’est pas forcément positive pour la recherche scientifique.

Les différents cercles de l’actualité scientifique

Est-ce que vous avez besoin de lire une étude scientifique ? Non. Comme ça c’est réglé. Est-ce que vous devez lire une étude scientifique ? Plus ou moins, car cela dépend de votre motivation principale. Personnellement, j’ai commencé (ou tente encore d’apprendre) à lire des études scientifiques à cause de mon site d’actualités. Que ce soit moi ou les autres auteurs (e) s du site, on s’est rapidement rendu compte que les études scientifiques ne se valent pas et qu’il faut avoir un oeil de faucon et un excellent esprit critique pour déceler des erreurs monstrueuses qui faussent les résultats d’une étude scientifique. Même si ce fut un processus long. La motivation principale doit être l’acquisition de connaissances pour mieux comprendre le monde. Et ce monde est très complexe et cela va se refléter dans les papiers scientifiques. De plus, un chercheur spécialisé dans un domaine ne lira pas de la même manière qu’un étudiant qui commence son cursus ou l’individu lambda. En général, ce guide est destiné à l’individu lambda même s’il vous faut quelques connaissances dans l’actualité scientifique. Comme toute chose, la connaissance de l’actualité scientifique passe par plusieurs cercles. Chaque cercle représente les types de sites qui vous suffisent. En général, vous allez commencer par les 2 cercles de la médiocrité que sont les réseaux sociaux et les médias de masse.

La majorité des personnes ne passe jamais un de ces 2 cercles pour la simple raison est que leur motivation de base est biaisée. Par exemple, les personnes dans le domaine religieux ou d’autres croyances (New Age, Véganisme, Bio, Appel à la nature) recherchent surtout des « preuves » pour confirmer leurs convictions. Une fois qu’ils ont trouvé les sites médiocres qui ne font que les conforter, alors ils abandonnent et se complaisent dans ce type de lecture. Gardez ceci à l’esprit. Si votre motivation de base est l’acquisition de connaissance, alors cela vous poussera à être plus exigeant envers vous même et à être rigoureux dans votre soif d’information.

Mais peut-être que la machette de votre esprit critique est très aiguisée et que vous avez pu passer les forêts venimeuses des réseaux sociaux et des médias de masse. Vous allez arriver dans un cercle du purgatoire qui est très vicieux. En apparence, c’est un site d’actualité scientifique, mais qui ne fait que du pute à clic de merde et qui tente de vous piéger par tous les moyens. Je ne connais pas d’équivalent en français, mais évitez par dessus des sites comme Science Daily ou Science Alert. Le premier se contente de publier tout ce qui bouge et le second est sensationnaliste. Ce n’est pas qu’ils sont merdiques, mais faut bien trier pour trouver quelque chose de valable. Ce sont les 3 cercles négatifs et ensuite, vous allez passer à des sites très fiables, mais qui nécessite une certaine connaissance de la culture scientifique.

On peut citer NatureScienceNew Scientist, etc. Je ferais peut-être un autre article où je listerais les magazines scientifiques que je considère comme étant très fiables. Mais si vous êtes vraiment rigoureux, même ces articles d’une grande qualité ne vous suffiront pas et vous allez arriver au paradis ultime de la connaissance que sont les papiers scientifiques. L’étude scientifique vous permet de connaitre directement l’hypothèse, la méthode et les conclusions des auteurs. Et il faut des années de pratique pour apprendre à lire une étude scientifique. On ne plaisante pas. Nous faisons ce guide, mais nous sommes loin de maitriser cet exercice. Pour les étudiants qui commencent leur cursus, leurs premières années concernent principalement à accumuler le maximum de connaissances et je peux vous dire qu’ils en chient pour apprendre à lire une étude scientifique. Mais on peut contourner l’obstacle technique en appliquant la méthode scientifique. L’avantage de cette méthode est qu’elle ne nécessite pas une grande compétence technique. A moins bien sûr que vous vouliez plonger à fond dans le papier scientifique. Mais je ne pense pas que ce soit nécessaire pour tout le monde. Parce que la question principale est : Est-ce que cette étude scientifique résiste à une analyse critique ? Et on peut dire que vous aurez compris un papier scientifique quand vous serez capable de le critiquer.

Un papier scientifique n’est pas un roman ou un article standard

De nombreuses personnes tentent de lire une étude scientifique et ensuite, ils se jettent du haut d’un immeuble. Ils se disent : Mais c’est quoi, cette merde ? Je n’y comprends rien ! C’est normal, car une étude scientifique est écrite dans un jargon qui n’est pas destiné aux simples mortels. Non, une étude scientifique est un mode d’emploi à destination des autres scientifiques pour qu’ils puissent reproduire l’étude. C’est tout. Mais comme la science part dans tous les sens, alors il est nécessaire pour les citoyens de se plonger dans les papiers scientifiques.

Donc, le premier conseil est ne lisez jamais un papier scientifique d’une seule traite. C’est un coup à faire une dépression nerveuse. Même les scientifiques chevronnés lisent plusieurs dizaines de fois le même papier pour comprendre ce que les auteurs tentent de formuler et de prouver. Mais même si vous devez le lire 100 fois, la chose cruciale est que vous devez comprendre chaque mot dans le papier. Chaque mot, car chaque mot est important dans une étude. C’est très loin de la lecture web où vous pouvez lire en diagonale. Notez tous les mots que vous ne comprenez pas et cherchez leur signification et revenez lire le papier autant de fois que nécessaire. Il faut des semaines rien que pour comprendre le jargon.

Les différentes parties d’une étude scientifique

Il n’y a pas de normes établies pour écrire un papier scientifique, mais au fil du temps, les auteurs suivent le même pattern, car c’est bien vu par les revues. En général, un papier scientifique est composé des parties suivantes :

  • Abstract
  • Introduction
  • Méthodes
  • Résultats
  • Conclusions/Implications/Interprétations/Discussion

La principale erreur des novices est qu’ils lisent d’une seule traite en considérant que chaque partie est connectée. Et c’est vrai dans un certain sens, mais vous pouvez lire séparément chaque partie pour avoir votre propre opinion. Mais première chose, Ne Lisez jamais l’Abstract en premier ! Au grand jamais ! Certes, l’Abstract est tentant à lire, car vous avez toutes les informations en un seul paragraphe. Mais vous devez comprendre qu’une étude scientifique est le résultat condensé de plusieurs années de recherche, d’analyse et de collecte de données. Oui, ce papier scientifique est déjà un condensé. Et l’Abstract est encore un condensé de ce papier qui est déjà très dense.

Non seulement, vous n’allez rien comprendre ou plutôt si, mais vous ne comprendrez pas suffisamment l’étude pour la critiquer. De plus, vous serez vulnérable aux biais de confirmation puisque les auteurs vont déjà vous suggérer leurs résultats. Donc, évitez les Abstracts. Certains me diront que ce n’est pas possible puisque la majorité des papiers sont sous un mur payant. Et c’est dégueulassement vrai et c’est un véritable mur de la honte contre la connaissance. Le seul intérêt de l’Abstract est que vous le combiniez avec le titre pour déterminer si ce papier peut vous intéresser. C’est tout. En fait, même le titre peut vous suffire dans ces cas.

Il y a également beaucoup de revues en Open Access. La revue PLOS est un bon exemple. Une autre chose est que la majorité des papiers scientifiques sont en PDF. Même si c’est pratique, privilégiez les études scientifiques disponibles en HTML, car en fait, j’avais oublié de dire que pour lire ce papier scientifique, il faudra que vous lisiez des dizaines d’autres en même temps. Je n’ai jamais dit que c’était facile hein !

Transformez le titre en une question

Votre première étape pour lire une étude scientifique est de transformer le titre en question. Qu’est-ce que les auteurs cherchent à prouver ? Qu’est-ce qu’ils essaient de dire par rapport à la littérature scientifique ? Et la « littérature scientifique » n’est pas un mot lambda, car il désigne les publications scientifiques principales qui permettent aux auteurs d’étendre, d’infirmer ou de confirmer la théorie qui fait l’objet de consensus par les autres publications. En gros, qu’est-ce que les auteurs veulent nous dire par rapport à ce qui est accepté comme « vrai » par les autres scientifiques dans le même domaine ? Et le titre sera disponible que ce soit pour des revues en Open Access ou derrière un mur payant.

L’importance de l’introduction

L’introduction est la partie la plus longue d’une étude scientifique. Les scientifiques professionnels lisent rarement l’introduction, car ils connaissent déjà tout ce qu’il y a dedans, notamment si le papier concerne leur spécialité. Mais pour le débutant qui veut comprendre un papier scientifique, l’introduction est une étape cruciale.

Dans l’introduction, les auteurs du papier scientifique vont rappeler la littérature scientifique qui constitue la base de leur hypothèse. C’est-à-dire qu’ils vont dire : En tel ou tel année, tels scientifiques ont mis en évidence ce phénomène et voici ce que notre étude actuelle apporte de nouveau par rapport à ces autres études. La nouvelle étude peut modifier le consensus, l’infirmer ou le renforcer. L’étude scientifique n’est jamais un ilot isolé et si vous voyez une introduction qui ne prend pas le temps de poser de bonnes bases, alors vous devez vous en méfier. Pour un novice, l’introduction est une mine d’or, car il lui permet de rattraper son retard de connaissance par rapport au domaine qui concerne l’étude. Il est malheureux qu’aucun journaliste ne lit ces introductions, car cela lui éviterait de dire des bêtises telles que cette nouvelle étude est révolutionnaire. En science, il n’y a pas de révolutions (sauf si vous êtes Einstein et encore…), il n’y a pas des évolutions, parfois considérables certes, par rapport à ce que la science a déjà découvert sur un phénomène.

L’introduction est la partie la plus longue, mais également la partie la plus difficile pour le novice. Car les auteurs ne vont pas détailler les découvertes précédentes, car ils vont simplement citer les papiers correspondants. Si vous êtes vraiment intègre dans votre démarche, alors vous devez vous taper toutes ces études précédentes (ouais !). Et chacune de ces études aura sa propre introduction… Actuellement, j’arrive à lire rapidement les papiers scientifiques, mais la première fois, il m’a fallu plusieurs semaines juste pour comprendre l’introduction, car j’ai lu toutes les études précédentes pour remonter aussi loin que possible. C’est un cauchemar d’acquérir toutes ces connaissances en un temps limité, mais c’est absolument recommandé. Vous pourrez vous passer de l’introduction, mais le reste de l’étude scientifique vous semblera incompréhensible. J’ai remarqué que les auteurs font des efforts pour rendre l’introduction aussi accessible que possible au plus grand nombre.

Dans ce processus, la lecture ne suffit pas. Il vous faudra prendre des notes, dessiner des graphiques pour trier toutes les découvertes selon des ensembles définis. L’étape de l’introduction est très fastidieuse, mais si vous le faites consciencieusement, alors cela vous servira énormément la prochaine fois. Une fois que vous avez parfaitement compris l’introduction et l’arrière-plan de l’étude, c’est un bon entrainement que de résumer cette introduction en quelques lignes. Cela vous permettra de rejeter le superflu et de déterminer quelles sont les questions importantes qui sont soulevées par l’étude actuelle.

Comprendre l’approche de la méthodologie

On entre au coeur du papier scientifique. La méthodologie. C’est la partie la plus complexe, car la collecte des données dépend de chaque discipline scientifique. Dans la psychologie, on va privilégier des questionnaires ce qui explique le taux monstrueux d’échecs (près de 70 % des études psycho ne sont pas reproductibles). Les scientifiques utilisent de plus en plus des bases de données et il faut chercher des informations sur cette base pour voir si elle est fiable et est-ce que les données sont accessibles au public.

Dans le cas des études médicales, il faut déterminer si les essais cliniques sont en double aveugle, mais surtout éviter les biais de confirmation en sélectionnant des sujets qui sont vulnérables à l’effet au préalable. C’est à cause ce type de manipulation de données qu’on a eu cette Une abjecte du Nouvel Observateur sur les souris et les OGM.

La Une à chier du Nouvel Observateur sur les OGM
La Une à chier du Nouvel Observateur sur les OGM

Les souris étaient déjà vulnérables aux tumeurs et les OGM n’ont provoqué aucun effet significatif. La méthodologie est également la partie la plus jargonnesque du papier, mais il faudra que vous compreniez parfaitement ce jargon. En gros, vous ne serez jamais prêt à passer aux résultats si vous ne pouvez pas expliquer la méthodologie à quelqu’un d’autre. Passez le temps nécessaire, mais essayez de comprendre la méthodologie.

Aucune méthodologie n’est parfaite et vous devez être capable de distinguer les failles avant même de lire les résultats. Mais en règle général, le principal critère est la taille de l’échantillon. Même si la collecte des données est très sophistiquée, mais que la taille de l’échantillon est vraiment merdique, alors ce n’est même pas la peine de lire l’étude. Foutez-la à la poubelle.

Dans la méthodologie, vous devez aussi comprendre le concept de l’hypothèse nulle et alternative. L’hypothèse nulle teste l’effet par rapport au hasard si on veut simplifier au maximum. En gros, les auteurs qui intègrent l’hypothèse nulle vont d’abord regarder si l’effet qu’ils observent n’est pas provoqué par le hasard et on utilise le symbole H0 et H1 et H2pour les hypothèses qui viennent après que le hasard ait été exclu. L’hypothèse nulle est adaptée pour l’observation de l’effet en comparant plusieurs ensembles d’échantillons. L’hypothèse alternative n’exclut pas le hasard dans un test séparé. Elle pose directement les différentes hypothèses alternatives (h1, H2, H3) et elle va attribuer une marge d’erreur à chaque hypothèse. Chacune de ces hypothèses possède des avantages et des inconvénients et certaines disciplines vont les utiliser plus que d’autres.

Observer les résultats

Maintenant que vous connaissez la méthodologie, vous pouvez passer aux résultats fournis par les auteurs. Il ne faut pas confondre les résultats avec la conclusion. La seule chose importante dans les résultats est s’ils répondent par oui ou par non à la question principale par les auteurs dans leur introduction ou leur titre. Les résultats sont généralement un paragraphe très court. Mais j’ai déjà vu des études qui mélangent les résultats et la conclusion et c’est un très mauvais signe. Car cela signifie que les auteurs n’ont pas dû trouver ce qu’ils cherchaient et qu’ils essaient de déformer les résultats. De ce fait, avant de réfléchir attentivement aux résultats, lisez la section et écrivez-les simplement tel qu’ils sont. Et les résultats sont principalement sous forme de graphiques et de tableaux. En général, le premier graphique va montrer le principal résultat.

Certains chercheurs très expérimentés vont juste se contenter de regarder le principal graphique pour connaitre le résultat. Mais c’est une mauvaise chose, car ils négligent totalement la méthodologie. Dans les résultats, vous verrez souvent les termes signifiant ou non signifiant. Ils correspondent à des résultats statistiques très précis qu’on connait comme la valeur P. Cette valeur P est la probabilité d’obtenir la même valeur (ou une valeur encore plus extrême) du test si l’hypothèse nulle était vraie (Wikipedia).

On peut dire que la valeur P concerne un effet qu’on considère comme étant valide en démontrant l’improbabilité de la conséquence que les résultats provenant du contre-effet sont vraie. En gros, vous dites : Il y a un effet que je peux observer même si je tiens compte du hasard. Et on dira que le résultat est significatif statistiquement s’il nous permet de rejeter l’hypothèse nulle. C’est ce qu’on appelle l’argument du reductio ad absurdum reasoning. Si vous considérez que c’est le hasard qui provoque l’effet, alors les résultats sont hautement improbables indiquant qu’il y a une cause différente, autre que le hasard, qui entre en action. Mais ce n’est pas parce que vous avez rejeté l’hypothèse nulle que votre hypothèse alternative est vraie (surtout si vous avez une seule hypothèse). Cela dit juste que le hasard n’est pas la cause de l’effet. Cet article explique bien la valeur P. Je vous donne un exemple très grossier.

Mon hypothèse est que le chocolat provoque des maladies cardiaques. Vous prenez 1 000 personnes qui sont des consommatrices régulières du chocolat et vous les suivez sur une période donnée. Au bout de cette période, vous remarquez que 950 personnes développent des maladies cardiaques. Si vous êtes un scientifique malhonnête, alors vous allez dire que le chocolat provoque les maladies cardiaques. Statistiquement, votre hypothèse exclut le hasard (95 % des résultats montrent un effet), mais vous n’avez pas pris en compte tous les autres facteurs. Peut-être que ces 1000 personnes étaient déjà susceptibles de développer des maladies cardiaques et donc, le chocolat n’a pas d’effet. C’est exactement ce qui s’est passé avec cette étude sur les OGM et la panique dans le public. Si ces personnes ne sont pas des sujets à risque pour les troubles cardiaques, alors peut-être qu’ils mangent autre chose qui augmente ce risque. Le travail des chercheurs est de réduire tous ces biais autant que possible ou les intégrer dans leur étude pour proposer plusieurs explications à un effet qui ne peut être provoqué par le hasard.

Pour les novices, les résultats sont assez difficiles à analyser, mais on vous conseille de vous entrainer. Au début, cela va être un cauchemar, mais on s’y habitue. Qu’est-ce que les résultats signifient pour vous ? Quand j’ai commencé à lire les résultats et qu’ensuite, je comparais avec les conclusions des auteurs, j’ai souvent trouvé de grosses différences et dans la plupart des cas, les auteurs exagéraient leurs signaux.

Conclusion/Interprétation

Vous avez quasiment terminé de lire votre papier scientifique. Et si vous avez réfléchi sur les résultats, alors vous pourrez les comparer avec la conclusion des auteurs. La conclusion est les réflexions des auteurs sur leurs résultats. Qu’est-ce qu’ils en pensent et quelles sont les implications potentielles. Et en général, les bons scientifiques envisagent déjà la suite de leurs travaux. Qu’est-ce qu’ils peuvent faire pour améliorer l’étude ? J’ai souvent lu des conclusions qui étaient des affirmations nettes et sans bavures. Et c’est pourquoi ces études n’ont jamais réussi à survivre dans les tests de reproductibilité.

Vous avez terminé de lire votre étude scientifique et si vous voulez, vous pouvez maintenant lire l’Abstract. Vous remarquerez une énorme différence. Les auteurs font en sorte de simplifier beaucoup de choses dans l’Abstract alors que l’étude est beaucoup plus nuancée. Cela vous prouvera qu’il faut éviter les Abstracts dans la plupart des cas.

Demandez aux autres scientifiques

Aujourd’hui, il est difficile de contacter des scientifiques si vous êtes un péquenot citoyen lambda. Mais si vous êtes étudiant, alors vous trouverez surement des chercheurs autour de vous qui sont spécialisés dans le domaine de l’étude. Vous pouvez aussi trouver des forums sur le web, mais la qualité laisse vraiment à désirer dans certains cas. Et si vous n’êtes pas lessivé, alors jetez un coup d’oeil à la section Référence du papier. Ce sont tous les autres papiers qui ont été cités par les scientifiques pour postuler leur hypothèse.

Il arrive que des chercheurs citent leurs propres papiers. Ce n’est pas une mauvaise chose, car cela implique qu’il y a de l’historicité sur leurs travaux, mais cela peut également suggérer une auto-confirmation. Si j’ai le temps, je ferais peut-être un autre article où j’essaierais d’analyser une étude scientifique. Et je le ferais en étant le plus novice possible, à savoir, utiliser simplement la taille de l’échantillon ou comprendre les motivations des auteurs sans entrer dans les détails techniques.

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