Le problèmes des publications scientifiques (#datagueule)

La chaine Youtube Data Gueule a publié une vidéo intitulée Privés de savoir dans laquelle elle revient sur l’un des principaux problèmes du monde scientifique, à savoir, le monopole et le modèle économique des revues scientifiques.

On comprend uniquement le problème des publications scientifiques lorsqu’on commence à vouloir à accéder aux papiers scientifiques et qu’on se heurte systématiquement à ce genre de page :

revue-scientifique

30 euros pour lire un article et avoir le PDF et plus de 209 euros pour avoir un accès complet. 30 euros pour un article scientifique, cela parait acceptable vu la connaissance scientifique. Mais un chercheur, pour écrire son papier, peut citer jusqu’à 10 papiers dans ses travaux et la note peut être très salée. La vidéo de Data Gueule possède quelques erreurs. Par exemple, elle cite l’exemple de l’Ebola où les recherches sont privatisés. C’est faux puisque les chercheurs ont décidé de proposer toutes les recherches liées à l’Ebola en accès libre. C’est un détail, mais il est important d’être précis.

Mais même dans le cas de l’Ebola, ces salopes de revue font exprès de minimiser la visibilité des articles en Open Access en promouvant d’autres travaux qui sont derrière un mur payant. Travaux qui n’ont parfois rien à voir avec le sujet abordé.

Le monopole et le modèle des revues scientifiques est pire que tous les Majors de divertissement réunis, car cela revient à réduire la quantité de connaissances. On a déjà un mal de chien à se battre contre les pseudo-sciences et si on nous demande des dizaines d’euros pour un seul document, alors il ne faut pas s’étonner que les pseudo-sciences reviennent en force.

Le fonctionnement du modèle économique des revues scientifiques est le suivant : 

  • Un ou des chercheurs formulent une hypothèse
  • L’hypothèse est formalisée, par exemple, via une forme mathématique
  • L’hypothèse est testé par l’observation et l’expérimentation
  • Les chercheurs tirent la conclusion de l’expérience
  • Ils écrivent le papier
  • Le papier est relu et corrigé par le comité interne de leur institution ou de leur université (Il est très rare, voir impossible d’avoir des chercheurs en Freelance).
  • Le papier est envoyé aux revues scientifiques qui passent par une évaluation par les pairs.
  • Le papier est publié s’il est accepté

L’évaluation par les pairs signifie que des scientifiques dans le même domaine que les chercheurs du papier vont analyser le papier et même reproduire l’expérience. Mais en général, cela passe uniquement par une révision purement théorique.

Les revues scientifiques justifient leur prix de merde en estimant que cette évaluation par les pairs coutent beaucoup trop d’argent. Le problème est que ce prétendu cout ne représente que 2 à 4 % de la production du papier. Les 96 % du cout de la recherche est payé par les contribuables qui financent la recherche publique.

Mais le pire est que lorsque les chercheurs, auteurs de l’étude, veulent consulter leur papier après sa publication, alors ils doivent payer comme tous les autres. Des initiatives comme Sci-Hub veulent casser ce monopole abominable, mais sa webmestre est actuellement poursuivi par Elsevier qui possède plus de 2 000 revues scientifiques.

Des universités tentent de combattre cette merde en se désabonnant, mais c’est aussi lié au tampon d’autorité des revues. Si vous êtes un chercheur, alors c’est le Saint Graal de dire qu’on a été publié dans la revue Nature ou Science. L’université peut également utiliser ce palmarès pour demander davantage de subventions et on a un exemple parfait de la culture Publier ou Mourir. Même si certains estiment que la culture Publier ou Mourir n’est pas responsable de la fraude scientifique, j’estime qu’il y une cause à effet directe entre l’incitation de publier et le monopole qu’on donne volontairement aux revues.

Comme je l’ai mentionné, le commun des mortels n’a aucune idée de ce qui se trame dans les coulisses de la publication scientifique. Les scientifiques et les prétendus vulgarisateurs évitent d’en parler de peur de tenir l’image de la science auprès du public. Mais le public peut contribuer à détruire ce monopole qui menace de plus en plus l’intégrité scientifique au profit d’une culture qui donne la part belle aux plus riches. Et je ne parle même pas des droits d’auteur liés à ces papiers. Il arrive que les revues scientifiques interdisent aux auteurs de communiquer la moindre information sur leurs recherches auprès des journalistes ou des personnes intéressées. Quel est l’intérêt d’une recherche si on ne communique pas dessus. Est-ce que la recherche est juste un objet de branlette que les revues se partagent entre elles en estimant que les citoyens sont trop cons pour comprendre quoi que ce soit.

Si des chercheurs dans des pays riches peuvent se payer un accès à 30 euros pour un papier, que dire des chercheurs dans d’autres pays comme l’Inde, la Chine ou l’Afrique dont le salaire mensuel ne dépasse pas 300 dollars dans le meilleur des cas. Est-ce que ce ne sont pas de vrais chercheurs sous prétexte qu’ils sont pauvres.

 

 

 

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