Les bots : les rois des réseaux sociaux

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On estime que 30 à 40 % des comptes sur les réseaux sociaux sont soit des Fakes ou des bots. Dans l’imagination populaire, un bot de réseau social est un compte qu’on peut identifier facilement, mais de nos jours, il existe des logiciels qui permettent de créer des bots tellement avancés qu’on ne voit absolument pas la différence.

Ces bots de réseaux sociaux ont une photo de profil, une bio expliquant leurs parcours, leurs études, leurs préférences et même leur lieu de résidence. Tout est conçu pour simuler le comportement humain. Certes, une fouille approfondie permet d’identifier le comportement répétitif de ces bots parce qu’ils retweetent les mêmes choses.

Mais quand un Bot de réseau social peut suivre 1000 sujets en même temps et qu’ils les retweetent à des intervalles totalement différents, alors il est impossible de les détecter d’où leur popularité sur les réseaux sociaux.

L’avènement des bots de réseaux sociaux s’est produit quand des développeurs ont compris l’importance tout à fait idiote accordée par les spécialistes au nombre d’abonnés et aux sacros saintes statistiques. Les cons sur les médias sociaux s’accordent à dire que la popularité et la pertinence se base sur le nombre d’abonnés et les marques et les entreprises, qui sont des ignorantes dans ce domaine,  ont tendance à investir sur la moindre chose qui peut leur donner une visibilité sur ces réseaux sociaux.

Les bots de réseaux sociaux, un marché très rentable

Et les créateurs de ces bots de réseaux sociaux gagnent très bien leur vie. Il existe des gens qui contrôlent des millions de bots que ce soit sur Facebook, Twitter, Instagram et tous les réseaux imaginables. Ces bots sont utiles pour 2 principales choses qui est de gonfler vos nombres d’abonnés ou Retweeter un contenu dans un objectif promotionnel.

En fait, ces personnes contrôlent tellement de bots de réseau social qu’ils peuvent littéralement manipuler les Trends Topics. Il suffit de surveiller ces derniers pour voir des trucs tels que Bet200 ou Buybinary qui sont des Hashtags payés par des entreprises pour promouvoir leurs services. Par exemple, le pari sportif ou les options binaires pour attirer les pigeons.

Evidemment, l’utilisation de mécanismes artificiels pour manipuler son compte de réseau social est interdit dans la plupart des réseaux sociaux et Twitter peut même aller jusqu’aux poursuite judiciaires s’il découvre que vous tentez d’arnaquer ses utilisateurs, car cela l’empêcherait de les arnaquer par ses propres techniques.

Et il ne faut pas être un développeur pour posséder des milliers de bots. Par exemple, le logiciel Twitter Supremacy vous propose tous les services avec un support de clientèle pour un abonnement de 50 dollars. Ainsi, Twitter Supremacy vous permet d’utiliser 6 variantes de Retweet, de Scraper des utilisateurs et leurs contenus et il même retweeter uniquement des photos. Il peut envoyer automatiquement des messages privés et évidemment, il va suivre toutes personnes selon les critères que vous avez choisi.

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Mais on peut se demander qui peut acheter des Followers qui sont totalement factices. En général, ce sont des grandes entreprises, des célébrités, des sportifs et toutes les personnes qui pensent que le nombre d’abonnés est un critère important alors que le moindre crétin sait que cela n’a jamais compté.

Détecter les comptes Fake et inactifs avec le Fakomètre

On sait que Kim Kardashian a été payé 10 000 dollars pour un seul Retweet ou que Charlie Sheen avec ses 11 millions de Followers a été payé près de 50 000 dollars pour tweeter à propos d’une entreprise. En fait, les bots de réseaux sociaux sont tellement intelligents qu’une entreprise anglaise propose un outil en ligne appelé Faker Status People qui permet de mesurer le nombre de Fakes sur un profil de réseau social. Dans le cas de Charlie Sheen, le nombre de Fake est de 12 % tandis que les comptes inactifs avoisinent les 51 % ce qui  nous laisse 37 % d’utilisateurs qui sont plus ou moins legit. Cela signifie que Charlie Sheen possède réellement environ 4 millions d’utilisateurs.

On  peut aussi prendre l’exemple d’Isabelle Mathieu qui affiche 40 000 Followers et dans la bio nous dit qu’elle fait partie des 10 plus grands Influencers en Europe (nananèreu). Ainsi, le Fakeomètre nous dit qu’elle a 9 % d’utilisateurs Fake, 39 % qui sont inactifs ce qui fait qu’elle a environ 52 % d’utilisateurs qui semblent legit.

On a également Jean Luc Raymond et ses 541 000 abonnés. Et on arrive quasiment aux mêmes résultats sur le Fakomètre. 7 % de Fake, 39 % d’inactifs et 54 % qui sont plus ou moins bons. Et concernant François Hollande, on arrive à 8 % d’utilisateurs qui sont Fakes et près de 65 % d’utilisateurs inactifs et seulement 27 % qui le suivent réellement. On a quasiment une division de moitié sur la plupart des profils très publiques.

Notons que cela n’implique pas de facto que ces personnes ont achetés des Followers, mais qu’ils n’ont pas vérifiés qui les suivent ou non et la faute revient à leur chargé de PR. Mais d’autres profils montrent une manipulation grossière d’achat de Followers. On peut prendre l’exemple de la personnalité adorée par les français… Jean François Copé possède 187 000 Followers, mais le détecteur nous dit que 27 % sont des Fakes, 55 % sont des inactifs et 17 % sont réels. Et croyez-le ou non, mais les utilisateurs inactifs n’ont aucune valeur, car ce sont des profils qui n’ont pas publiés depuis les 3 derniers mois. Dernier exemple ? Le Youtubeur Cyprien affiche 2,7 millions d’abonnés sur Twitter, mais le détecteur affiche 3 % de Fake et près de 72 % qui sont inactifs. Ce qui nous laisse un pitoyable 25 % d’utilisateurs. Pas de quoi sortir un gros chèque pour de telles performances.

Et vous pouvez analyser tous les profils de réseaux sociaux et vous trouverez les mêmes résultats. La première conclusion est qu’il faut toujours diviser par 2 la popularité d’un compte pour avoir une visibilité réelle et il faut même parfois amputer 60 % des statistiques visibles. La seconde conclusion est que les réseaux sociaux sont littéralement infestés par des bots et des profils inactifs qui faussent complètement les résultats.

Le New York Time parle d’une bulle qui s’est construite autour des réseaux sociaux en faisant croire au monde professionnel que ces réseaux sont indispensables à toute entreprise qui se respecte alors que ces derniers peuvent s’en passer sans aucun problème en utilisant d’autres canaux de promotion.

Source

 

 

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