Vague de suicides d'entrepreneurs sur le Downtown Project

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La plupart du temps, les articles sur les entrepreneurs parlent de motivation, de qualités intrinsèques, de développement personnel, de culture d’innovation qui passent bien dans des livres et des conférences, mais la réalité derrière les entrepreneurs est parsemée de pressions, de frustrations et d’échecs systématiques ce qui provoquent évidemment une vague de suicide.

Tony Hsieh est le CEO de Zappos.com et un jour, il décide d’investir 350 millions de dollars dans une zone proche de Miami pour créer le Downtown Project. L’objectif était de créer une ville de Startups pour venir en aide aux plus démunis. L’objectif n’était pas de faire de l’argent, mais d’atteindre le bonheur. Mais cette poursuite de bonheur si elle n’est pas structurée peut vous conduire rapidement à vous asseoir quelque part et à vous mettre une balle dans la tête.

Mais étant donné que le projet Downtown n’a pas vraiment fonctionné, la ville a commencé à avoir de sérieux problèmes. Manque de financements externes, manques d’objectifs et surtout des suicides qui se sont succédés à quelques mois d’interval.

3 des plus grands entrepreneurs derrière le Downtown Project se sont donnés la mort. En janvier 2013, Jody Sherman âgé de 46 ans qui avait fondé le fameux Econom s’est tiré une balle dans la tête en étant assis dans sa voiture. En janvier 2014, Ovik Banerjee âgé de 24 ans qui faisait partie du premier groupe de Venture à Las Vegas s’est jeté de sa terrasse dans la ville de Donwtown. En mai 2014, Matt Berman âgé de 50 ans et fondateur de Bolt Barber s’est pendu dans son appartement. Et par la suite, de nombreux licenciements ont étés annoncés mettant un sérieux coup de frein au projet.

L’entrepreneur ne vit pas d’amour et d’eau fraiche !

Le principal problème de ce projet est qu’il était tellement utopique que personne ne comprenait rien. Il n’y avait pas de tactiques précises, pas de plan d’activités. Le Downtown Projet a accueilli près de 300 entrepreneurs et lorsqu’un nouveau venu débarquait, le mec n’avait même pas de poste précis. Tony Hsieh, le fondateur du projet lui disait juste de faire ceci ou cela sans lui donner de directives particulières.

Par ailleurs, Tony Hsieh a caché délibérément les suicides en évitant d’informer dessus ou en proposant des structures adaptés pour les personnes sous pression. Vous ne pouvez pas appeler 300 personnes dans le désert pour construire Utopia et espérer qu’ils vont s’en sortir par eux-mêmes. La plupart des entrepreneurs sortaient à peine de l’école et on leur demandait de jouer les MacGyver pour construire une ville entière avec des bouts de ficelle.

Notons que le DownTown Project est proche de Las Vegas et cette ville possède le taux de suicide le plus élevé aux Etats-Unis avec une fréquence de 34,5 personnes pour 100 000 habitants. Parce qu’à Las Vegas, vous devez garder le sourire et si votre compte bancaire est vide et que vous n’avez personne à qui vous confier, alors vous vous démerdez et vous serrez les dents.

La poursuite du bonheur n’est pas de cacher les émotions négatives, mais au contraire de les exprimer pour crever l’abcès. Si on vous force à être heureux de manière artificielle avec des discours sortis de la langue fourchue de marketeurs de merde, alors vous vous dirigez joyeusement vers le suicide.
Maintenant que les suicides ont été révélés, la ville de Downtown propose des supports psychologiques et une clinique dédiée pour faire face aux problèmes de pression. La création d’une Startup et de sa maintenance est quelque chose d’extrêmement difficile. Vous ne pouvez pas demander à des personnes de tout laisser derrière eux en espérant qu’il n’y aura pas de la casse.

La culpabilité des réseaux sociaux

L’échec n’est jamais personnel, car il se définit par la perception des autres sur cet échec. Autrefois, les entrepreneurs pouvaient échouer, mais personne n’en parlait, mais aujourd’hui, chaque action est scrutée à la loupe. Au moins échec, les médias vont décortiquer chaque décision de l’entrepreneur en le critiquant ouvertement alors qu’un journaliste est trop paresseux et trop lâche pour lancer ses propres idées. Le critique de Startup critique parce qu’il n’a jamais réussi nulle part et de ce fait, il passe son temps à déverser sa bile aux autres.

La Silicon Valley possède également son taux de suicide. On a vu des entrepreneurs qui pleuraient dans leurs voitures à la fin de la journée, car ils ne réussissaient pas. Mais la culture de l’échec fait partie de l’entrepreneur. Sachez que sur 100 projets qui vous prendront 40 ans de votre vie, vous avez 0,5 % de réussir sur un seul projet. La société actuelle ne tolère pas l’échec ou les petites initiatives.

Le Downtown Projet a été fondé sur des principes islamiques sur l’entraide et certains médias estiment que les investisseurs américains ont fait preuve d’un racisme caractérisé, mais aussi par le fait qu’une ville destinée à aider les pauvres et les SDF de l’Amérique était contre le capitalisme.

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