Aucune paix possible entre la technologie et la loi


Une entreprise peut être poursuivie en justice lorsqu’elle refuse d’engager une personne en fonction de sa religion, son orientation sexuelle ou ses origines, mais il est fréquent que les recruteurs filtrent les profils sur les réseaux sociaux selon ces mêmes critères.

Une banque peut regarder le profil Facebook d’une personne et lui interdire l’ouverture d’un compte si elle peut trouver des informations compromettantes sur sa viabilité financière. Et la plupart des réseaux sociaux utilisent des algorithmes pour bannir telle ou telle personne. De ce fait, on trouvera toujours un fossé entre les lois qui régissent la société humaine et la technologie adoptée par cette société.

La loi est des normes qui sont acceptées par la majorité  de ses membres afin de réguler la société. Et Gandhi avait l’habitude de dire que la loi est la forme extrême de la codification de l’éthique. En temps normal, cette codification de l’éthique sert tous les membres, car ils évoluent tous de la même façon.

Mais la technologie impose de voter des lois qui sont contraires à l’évolution humaine. La loi sur le droit d’auteur n’est pas lié à la protection de la propriété intellectuelle, car elle a été utilisée pour contrôler le partage de la connaissance.  Les premiers textes sur le droit d’auteur sont apparus après l’invention de la presse à imprimer.

Cette invention a permis de partager la connaissance de l’élite vers la masse. Et la connaissance entraîne un mouvement de remise en question. A l’époque de cette invention, le monde était dominé par l’Empire Catholique et ses membres politiques et religieux n’appréciaient absolument que leurs connaissances et leurs manigances soient connus de la masse grâce au partage de la connaissance via le papier imprimé. Le mouvement du Protestantisme est apparu après cette invention sans oublier la tendance des citoyens à privilégier le nationalisme. Et cette effervescence a amené l’époque de la Renaissance.

3 évolutions majeures qui ont bouleversés le monde à cause d’une simple machine qui mettait de l’encre sur du papier.

De même, la révolution industrielle avec le moteur à combustion, la production de masse et l’invention de l’acier ont renforcés les lois sur le droit d’auteur et le droit contractuel. Chacun voulait protéger ses inventions pour promouvoir principalement son esprit nationaliste.

La technologie a 100 ans d’avance sur la loi

 

Nos lois et notre éthique ont évolués au fil des siècles. Aujourd’hui, on a des avions et des véhicules automatiques. Même un village de pauvres en Inde peut accéder à Facebook via son téléphone. Et Facebook est parti d’un site pour des étudiants pour devenir une référence mondiale sur la technologie.

Aujourd’hui, un simple Smartphone est plus puissant que le Cray 2, un supercalculateur construit en 1985 et qui a coûté 17,5 millions de dollars et qui pesait 2,5 tonnes. En 2002, le séquençage complet du génome humaine coûtait 100 millions dollars. En 2014, il coûte 1000 dollars et en 2020, on pourra le faire pour le prix d’un café.

Le problème est que le gap s’agrandit de plus en plus entre l’éthique et la loi, alors qu’elle est censée être la même chose. La vie privée, par exemple, est menacée par le bouleversement technologique tandis que les lois sur la vie privée datent du 19e siècle lorsque l’avocat de Boston Samuel Warren s’était plaint qu’on répandait ses rumeurs sur sa famille. L’un de ses partenaires juridique, qui n’était autre que Louis Brandeis, l’un des plus grands avocats à la Cour suprême américaine, a écrit un article intitulé le Droit de la vie privée en arguant qu’il y des choses qui doivent être protégés par la vie privée et d’autres qui doivent l’être par la propriété intellectuelle. Aujourd’hui, cet article sert de fondements à la plupart des décisions de la Cour Suprême.

Et en se basant sur la vie privée, de nombreux internautes hurlent à la mort en criant à la défense de la vie privée après les révélations de l’espionnage de la NSA. Mais ce dernier est minimal comparé à l’espionnage mis en place par Facebook, Apple, Amazon, Twitter, Google, etc.

Votre Smartphone vous suit à la trace, votre voiture connait vos endroits préférés. Les moteurs de recherche savent même ce que vous allez taper à l’avance. Mais ces géants peuvent nous espionner, car nous leur avons donné le droit de le faire en acceptant aveuglément leurs conditions d’utilisation qui pourraient faire perdre la tête au créateur du casse-tête chinois en personne. Mais il y a désormais d’autres données qui permettent de nous profiler au millimètre près avec les informations biométriques.

Mauvais sang ne peut mentir

 

Le test sur notre génome deviendra aussi courant que celui du test sanguin. Car nous avons très peu connaissance sur la génétique et les informations que nous laissons fuiter. Et cette fois, cela ne concerne pas uniquement la vie numérique, mais bien l’intégrité de l’être humain. La société 23andMe propose de tester vos marqueurs génétiques pour vous prévenir sur les prédispositions que vous pourriez avoir sur certaines maladies. Le test coûtait 99 dollars, mais les autorités américains ont suspendu le service

Le Genetic Information Nondiscrimination Act de 2008 protège les gens contre l’utilisation de leur génome pour trouver des informations sur leur emploi ou leur assurance-maladie. Mais il ne protège pas contre l’utilisation de ces informations sur le long terme, notamment sur les assurances de retraite, les allocations sur le handicap et l’assurance-vie.

Aujourd’hui, la technologie permet  de séquencer un génome en une journée, mais on ignore toujours si nous sommes le propriétaire de nos informations génétiques. Certains Etats commencent à voter des lois sur le fait que votre génome pourrait éventuellement vous appartenir dans certains cas si vous respectez des conditions qu’ils n’ont pas encore mis en place.

On parle du danger du fichage génétique, mais la vie privée est également menacée par la cybernétique. Les drones et les voitures autonomes sont banales, mais quel est leur impact sur la vie privée ? Et quel est le responsable s’il y a un problème ?

Qui sera le coupable si une voiture autonome écrase un piéton et qu’est-ce qui se passe si un robot tue un être humain en légitime défense ?

Thomas Jefferson disait : La loi et les institutions doivent aller de pair avec l’évolution humaine. Ces lois doivent s’adapter aussi vite que possible à mesure qu’on fait de nouvelles découvertes et qu’on change notre façon de penser.

Le risque est avéré et prouvée aujourd’hui que la loi est déjà en guerre ouverte avec la technologie, car la technologie est bien plus avance que l’évolution humaine. Les ordinateurs nous ont surpassés dans tous les domaines et ils nous imposent un monde où on est constamment derrière eux pour tenter de les maîtriser alors que la vraie raison de la technologie est d’aider l’être humain à avoir une meilleure vie dans tous ces aspects

 

 

 

 

 

 

 

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